En annonçant sa faillite hier matin, Lehman Brothers, géant mondial de la banque d'investissement, a semé la panique dans les marchés des quatre coins du monde.
· Qu'est-ce que Lehman Brothers ? L'établissement américain est une banque d'affaires qui ne fournit pas de comptes aux particuliers. Ses activités se concentrent sur le courtage d'actions, le conseil lors de fusions et acquisitions, les prêts aux fonds d'investissement et les placements financiers, pour des clients et avec ses fonds propres.
· Quelle est l'origine de cette débâcle ? « Certaines banques ont tellement voulu augmenter leur rentabilité dans une période d'euphorie pour les marchés financiers et l'immobilier qu'elles ont pris trop de risques, tant dans le type d'investissements que dans les sommes engagées », explique Nuno Teixeira, directeur général adjoint de Schroders France. Lehman a subi de plein fouet la crise des « subprimes » : la banque s'est entichée de titres adossés aux emprunts immobiliers qui ont perdu leur valeur avec l'essor des ménages surendettés et l'effondrement des prix. Alors que ses prévisions de pertes s'accumulaient, son cours de Bourse a dévissé. A tel point qu'il est devenu impossible pour elle d'emprunter ou de convaincre des actionnaires de remettre au pot.
· Comment réagit l'Etat américain ? Ce qui choque à Wall Street, c'est l'attitude des pouvoirs publics. En mars, le rachat de Bear Stearns par JP Morgan avait été organisé en urgence et, la semaine dernière encore, le Trésor a promis jusqu'à 200 milliards de dollars pour soutenir les deux organismes garants de 40 % des crédits immobiliers du pays, Freddie Mac et Fannie Mae. Aujourd'hui, par principe ou par nécessité, l'Etat change son fusil d'épaule et a donné le feu vert à une purge, estimant que le contribuable avait assez banqué.