ITALIE - Les quatre confédérations syndicales avec lesquelles les repreneurs et le gouvernement ont signé un accord cadre sont d’ailleurs convoquées, seules, à 20h à la présidence du Conseil pour un accord définitif...
Pariant sur les grandes confédérations, le gouvernement italien a réussi à relancer ce lundi les négociations en vue d'un accord sur le sauvetage d'Alitalia qui pourrait être signé dans la soirée. Et ce, malgré l'opposition des syndicats catégoriels, en particulier des pilotes.
Ainsi, dans la nuit de dimanche à lundi, les repreneurs et le gouvernement sont parvenus à un accord-cadre avec les quatre confédérations syndicales (CGIL, CISL, UIL et UGL) sur le plan industriel pour la future Alitalia grâce à l'explosion du front syndical. Cela a permis de relancer in extremis les négociations. La face du gouvernement italien est sauvée: le Cavaliere s'était en effet engagé à trouver des repreneurs italiens, après l'échec de la tentative d'Air France-KLM qui s'était heurtée aux syndicats en avril.
Les cinq syndicats de pilotes, d'hôtesses et de stewards en colère
Ces négociations ont provoqué la colère des cinq syndicats de pilotes, d'hôtesses et de stewards (SDL, ANPAC, UP, ANPAV et Avia), qui pendant ce temps avaient attendu en vain, dans une autre salle du ministère du Travail, d'être convoqués à une réunion qui devait rassembler tous les syndicats. Ils ont immédiatement rejeté ce texte, le qualifiant de «provocation».
Les confédérations, convoquées seules, à 20h
De leurs côtés, les repreneurs ont rencontré à nouveau en début d'après midi ce lundi, les confédérations pour discuter de l'épineuse question des contrats de travail. Celles-ci sont d’ailleurs convoquées, seules, à 20h à la présidence du Conseil en vue de signer un accord définitif, selon les agences italiennes.
Riposte
Les cinq syndicats de catégorie ont tout de suite annoncé qu'ils allaient se réunir pour décider d'une riposte. Ils ont demandé à être reçus par le gouvernement. Conscient de la menace d'une opposition des catégories de personnel qui ont commencé à agiter des menaces de grève, le ministre du Travail Maurizio Sacconi a exprimé l'espoir que l'accord-cadre serait «accepté par tous», dans une lettre envoyée à tous les syndicats.
Cet accord prévoit notamment la reprise par la nouvelle Alitalia de 12.500 salariés (1.550 pilotes, 3.300 hôtesses et stewards et 7.650 techniciens, employés et cadres dirigeants) sur les 17.500 d'Alitalia et d'Air One, deuxième compagnie italienne, avec laquelle elle doit fusionner, selon le plan de reprise.
Le sort d'un millier de salariés en suspens
Une avancée car les repreneurs ne prévoyaient jusqu'à présent que de reprendre 11.500 salariés sur les 17.500 d'Alitalia et d'Air One, deuxième compagnie de la péninsule, avec laquelle elle doit fusionner, selon le plan de sauvetage.
Alitalia emploie pour sa part environ 11.000 personnes actuellement dans le transport de passagers. Les suppressions d'emplois devraient donc être d'environ 3.000 dans ce secteur. En outre, les activités de maintenance et de fret qui emploient environ 2.000 personnes doivent être cédées. Le sort d'un millier de personnes travaillant notamment pour la plate-forme téléphonique d'Alitalia n'était pas encore clair ce lundi.
En attendant, si la compagnie perd 3 millions d'euros par jour, tous les vols sont assurés normalement ce lundi, assure-t-on chez Alitalia. Mais à court terme, celle-ci pourrait ne plus tous les assurer, faute de pouvoir payer le
carburant. Les premières mises au chômage technique vont prendre effet, a prévenu samedi le commissaire extraordinaire nommé par le gouvernement pour gérer Alitalia, Augusto Fantozzi.
Avec agence