Le constructeur aéronautique met résolument le cap sur les délocalisations mais ne prévoit pas de nouveaux licenciements. C'est en substance le contenu du programme «Power8+» dévoilé, hier, aux représentants des salariés lors du Comité européen d'entreprise qui se tenait à Toulouse. Cette extension du plan de restructuration déjà en vigueur doit permettre d'économiser 650 millions supplémentaires d'ici à 2012. La mondialisation, selon Airbus, passe notamment par la Tunisie : Aérolia, la nouvelle filiale d'EADS issue des sites Airbus de Saint-Nazaire-Ville (Loire-Atlantique) et de Méaulte (Somme) mais qui concerne aussi 200 salariés toulousains, devra y ouvrir une usine pour fabriquer «des pièces classiques». De source syndicale, les autres implantations «hors zone euro» de l'avionneur vont être développées. Particulièrement en Chine, en Russie, et en Inde pour l'ingénierie informatique. Pour Tom Enders, le patron allemand de l'avionneur, il s'agit de « réduire les coûts » et « d'améliorer la compétitivité ». «En fait, la logique financière prévaut sur la logique industrielle. On crée des emplois ailleurs plutôt qu'ici», critique Christian Méloni, délégué central CGT. «On veut délocaliser, gagner des coûts et des marchés. Mais que nous restera-t-il comme coeur de métier?», demande Marina Lensky, déléguée CFTC. Elle s'inquiète des répercussions sur les sous-traitants européens et reste sceptique «sur la qualité des pièces» low-cost.