Crise et pouvoir d'achat: pas de plan de relance en perspective?

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Publié le 1 septembre 2008.

CROISSANCE - Le gouvernement a revu à la baisse les prévisions de la croissance, ce lundi matin. Avec moins de recettes engrangées, un plan de relance pourrait se révéler difficile à mettre en place...

Les économistes l’avaient prévu, le gouvernement a tardé avant de le reconnaître. La ministre de l'Economie Christine Lagarde a déclaré ce lundi que les prévisions de croissance pour 2008 et 2009 en France seraient «probablement» révisées à la baisse, sur France Culture dans une émission diffusée ce lundi. François Fillon a de son côté souhaité ce lundi matin sur Europe1 que la croissance de l'économie française en 2008 soit d'«un peu plus de 1%». «Nous sommes frappés par une décélération de l'économie mondiale qui est très, très sérieuse», a justifié le premier ministre.

«Un point de croissance en moins, c’est un demi-point de déficit en plus»

Jusqu’à présent, le gouvernement avait prévu une croissance comprise entre 1,7 et 2% en 2008. Le budget 2008 avait été calculé sur une hypothèse de croissance de 2,25%. Mais avec 1% de croissance, l’Etat devrait engranger moins de recettes fiscales. Quelle marge de manœuvre dispose-t-il alors pour soutenir le pouvoir d’achat? «Un point de croissance en moins, c’est un demi-point de déficit en plus», expliqué à 20minutes.fr, Mathieu Plane, économiste à l’OFCE, spécialiste des finances publiques.

Cependant, avec les objectifs de Bruxelles, l’Etat est coincé : la France ne peut pas se permettre de creuser ses déficits. «Avec ces prévisions, nous devrions dépasser les 3%. Vis à vis de nos partenaires européens, un plan de relance serait difficile à justifier. Nous sommes le seul pays à ne pas tenir nos engagements».

«Toutes les marges de manœuvre ont été entamées par le paquet fiscal»

En réalité, le paquet fiscal mis en place en 2007, constituait déjà en quelque sorte un plan de relance. A l’époque, la croissance n’était pas mauvaise. En le mettant en place, le gouvernement a épuisé ses dernières cartes. «Toutes les marges de manœuvre ont été entamées par le paquet fiscal», confirme Mathieu Plane. Et de poursuivre : « Aujourd’hui, on ne peut plus se permettre de faire de la relance budgétaire pour soutenir les classes moyennes et les ménages les plus modestes».

Une préparation du budget 2009 complexe

Dans ce contexte, l’Etat apparaît ainsi quelque peu désarmé. «Les ménages doivent prendre leur mal en patience», confirme Mathieu Plane. De plus, les chiffres de croissance du deuxième trimestre annoncés en août -moins 0,3%- annoncent une préparation du budget 2009 difficile. Exigences de Bruxelles obligent, «même si la conjoncture voudrait que l’Etat mette en place une politique de soutien de l’activité, il pourrait même être contraint à un plan de rigueur en augmentant les prélèvements», s’interroge Mathieu Plane.

Pour Christine Lagarde, «une voie de soutien à l'économie doit passer par les fourches européennes». «Je vais faire certaines propositions à mes partenaires européens pour qu'on invite la BEI (Banque européenne d'investissement) à élargir son financement et à le cibler vers un segment qui me paraît fondamental et critique: les PME», a expliqué la ministre. François Fillon pense de son côté que «la seule façon pour la France de réagir est d'améliorer la compétitivité des entreprises».
Valérie Zoydo
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