Prenant de court l'opposition comme la majorité, la dernière péripétie du RSA a suscité les réactions les plus diverses, hier. « Il y a quand même plus de légitimité à financer les revenus des plus modestes par une contribution des plus riches », a déclaré le socialiste François Hollande, en référence au projet présenté en juillet de déshabiller la prime pour l'emploi (PPE) - dont profitent 25 % des foyers fiscaux - pour habiller le RSA.
Depuis le début, Martin Hirsch - ancien lieutenant de l'abbé Pierre venu aux côtés de Nicolas Sarkozy à l'été 2007 uniquement pour porter ce projet - est confronté au problème du coût du RSA, supérieur d'au moins 1,5 milliard d'euros au budget du RMI et de l'API, qu'il est censé remplacer. En avril 2008, sa mesure a même frôlé l'enterrement, le Premier ministre la jugeant « trop coûteuse ». « Pour financer une bonne idée, pourquoi une taxe de plus ? », s'est d'ailleurs interrogée hier la patronne du Medef, Laurence Parisot. Le gouvernement reconnaît « l'erreur du paquet fiscal », a estimé le socialiste Jean-Marc Ayrault, tandis que l'UMP Alain Lambert s'interrogeait sur la logique d'une nouvelle taxe après... la baisse des droits de succession.
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