DECRYPTAGE - Baromètre du marché, les ventes de logements neufs ont reculé de 33,9% au deuxième trimestre par rapport à la même période en 2007...
La perspective de krach immobilier n’est toujours pas d’actualité, mais le marché est bel et bien en crise. Les ventes de logements neufs -qui constituent un baromètre de la santé du marché- ont chuté de 33,9% au deuxième trimestre par rapport à la même période de 2007 , a annoncé ce mardi le ministère de l'Ecologie. La chute va même jusqu’à franchir les 50% dans cinq régions : Aquitaine, Lorraine, Midi-Pyrénées, Bourgogne, Limousin. Seule la Champagne-Ardenne est épargnée en France métropolitaine.
Pour Bernard Vorms, directeur général de l’ANIL, (l’Agence Nationale pour l’Information sur le Logement), interrogé par 20 minutes.fr, il s’agit d’un réajustement : «Cela fait plusieurs années que les niveaux de production de logements neufs sont élevés, et ce, sur l’ensemble du territoire. On s’attendait à un atterrissage». La Crise des subprimes et la hausse de taux d’intérêts ont déclenché la fin d’un cycle de forte production de logements neufs. «Les banques manquent aussi de liquidités» ajoute Bernard Vorms. Du coup, les délais de commercialisation s’allongent et le nombre de logements neufs à vendre atteint des sommets : 110.500 logements au 30 juin 2008.
Mais la crise pourrait être modérée: «En France,beaucoup pensent qu’on aura un ajustement soft. Nous avons généralement des mouvements cycliques plus amortis que les pays anglo-saxons» explique Bernard Vorms.
Une crise qui touche l’ensemble du territoire
Cette crise n’a donc rien à voir avec l’explosion de la bulle immobilière des années 1990. «Cette dernière concernait les logements les plus chers, c’est à dire à Paris et sur la Côte d’Azur. A l’inverse, ces dix dernières années, la hausse des prix a concerné l’ensemble du territoire», précise Bernard Vorms.
Contrairement à la précédente, la crise actuelle touche d’abord des zones dans lesquelles la pression de la demande n’est pas forte. D’ailleurs, Paris est la moins pas touchée par la crise : les prix des appartements anciens ont continué d’augmenter (+1,5%) sur la période mars-mai par rapport à la même période en 2007, selon les chiffres publiés ce lundi par la Chambre des notaires de Paris.
Des achats plus raisonnés
Dans ce contexte, les ménages mettent plus longtemps à se décider pour acheter. Ainsi, le délai moyen d'écoulement de logement s'est beaucoup allongé en un an, passant de 7 mois et demi à 14 mois pour le collectif et de 8 mois et demi à 15 mois pour l'individuel, selon le ministère de l’écologie. «Le rapport entre le prix du logement (en prenant en compte le taux d’intérêt de l’emprunt) et le niveau des revenus des ménages est trop élevé» confirme Bernard Vorms.
Cet ajustement aboutit alors à la baisse du niveau de construction : le nombre de mises en chantier a baissé entre mai et juillet, soit 11,8% de mois que l’année précédente à la même période selon le ministère. Quant au nombre de permis de construire, il a baissé de 12 ,6% au cours des 12 derniers mois.
Pour autant, dans les marchés les moins tendus, la baisse des prix et l’allongement des délais de vente peuvent faire l’affaire de certains ménages qui vont « retrouver une plus grande liberté de choix en termes de logements»,conclut Bernard Vorms.
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