ECONOMIE - Pour Christine Lagarde, la ministre de l’Economie, il ne s'agit pas d'une récession...
Les économistes n'avaient pas prévu une telle baisse. Le produit intérieur brut de la France a reculé de 0,3% au deuxième trimestre 2008. C’est la première baisse depuis 2002, confirmant le net ralentissement de l'économie,
a annoncé jeudi l'Insee. Néanmoins, ce chiffre est une première estimation, susceptible d'être révisée.
L'Insee a par ailleurs revu en baisse la croissance du premier trimestre à 0,4% contre 0,5% auparavant. Ce sont des «chiffres auxquels on s'attendait et qui ne sont pas bons», a réagi la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, sur France Inter.
En cause : la crise financière
La ministre les a notamment justifiés par
le contexte international morose résultant de la crise financière, citant «les augmentations du cours des matières premières», «le renforcement de l'euro» et «une situation d'inflation» qui, selon elle, «a atteint son pic en juin-juillet». Elle a aussi affirmé qu'il serait «totalement inexact de parler de récession».
«Toute personne qui crierait au loup à la récession aurait un trimestre d'avance», a dit la ministre, rappelant qu'une récession correspond à une contraction du PIB durant deux trimestres consécutifs.
«C'est un chiffre qui n'est pas bon il ne faut pas se voiler la face», a reconnu la ministre, «mais je pense que nous avons un nombre de réformes qui vont entrer en vigueur maintenant, qui vont nous mettre dans le bon sens»a-t-elle relativisé.
L’Allemagne est aussi touchée par la baisse
Pour la ministre de l'Economie, la baisse de la croissance, «dans l'ensemble des pays européens, résulte de facteurs internationaux qui sont en train de s'inverser». «Ce n'est pas un phénomène propre à l'économie française», a-t-elle martelé. L'Allemagne a également annoncé jeudi une baisse de son PIB, ce qui ne lui était plus arrivé depuis l'été 2004.
0,9% de croissance pour 2008
Christrine Lagarde a par ailleurs estimé que les conditions «fin 2008-début 2009» seraient «plus favorables», s'attendant à «un rebond». En France, l'acquis de croissance à la fin du deuxième trimestre, c'est-à-dire le niveau de croissance que l'économie française est garantie d'atteindre en 2008 si la croissance des deux derniers trimestres est au moins égale à zéro, n'est plus que de 0,9% contre 1,2% auparavant, a précisé l'Insee.
Au deuxième trimestre, les dépenses de consommation des ménages ont peu évolué (+0,1% après -0,1% au premier trimestre de 2008), a détaillé l'Insee. L'investissement, mesuré par la formation brute de capital fixe (FBCF), a chuté (-1,5% après +0,7 % au trimestre précédent).
Enfin, les exportations ont diminué (-2,0% après +2,4% au premier trimestre de 2008) ainsi que, dans une moindre mesure, les importations (-0,3% après +1,8%). La contribution du commerce extérieur à l’évolution du PIB a été négative (-0,5 point après +0,1 point). Quant à la contribution des variations de stocks à la croissance du PIB , elle s’élève à +0,3 point, après +0,1 point au trimestre précédent, ce qui revientà dire que la baisse correspond du PIB correspond à 0,6% au deuxième trimestre.
Avec agence