GENEVE - Les ministres d'une trentaine d'Etats membres sont réunis depuis lundi...
Les pays membres de l'OMC cherchaient à se convaincre ce mardi qu'un accord est possible sur l'équilibre commercial idéal entre Nord et Sud. «Les participants sont déterminés à négocier de bonne foi pour parvenir à un accord», a déclaré le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce Pascal Lamy,
au deuxième jour de la réunion ministérielle qu'il a convoquée à Genève (Suisse) dans l'espoir de sauver sept années de négociation sur la libéralisation du commerce mondial.
L'objectif est de parvenir à un accord équilibré entre les concessions que les pays riches devront faire en matière agricole, et celles que devront consentir les pays émergents en ouvrant leur marché aux produits industriels. Les négociations sur le chiffrage des sacrifices réciproques à accomplir semblent pourtant mal parties.
Les propositions américaines et européennes rejetées
La proposition des Etats-Unis, ce mardi, de réduire leurs subventions agricoles à moins de 15 milliards de dollars par an, améliorant légèrement une précédente offre de 17 milliards, a ainsi été jugée inacceptable par la délégation brésilienne. «Bien essayé, mais c'est encore trop haut», a déclaré un responsable brésilien à l'AFP. «Ce chiffre est beaucoup plus élevé que ce qu'ils font en réalité», a-t-il insisté, précisant que «les Etats-Unis ont versé sept milliards de dollars à leurs agriculteurs l'an dernier».
Le G20, le groupe des pays émergents mené par le Brésil, avait demandé dans sa proposition originale que les Etats-Unis baissent leurs subventions internes jusqu'à 12 milliards de dollars par an. Le projet d'accord du médiateur de l'OMC pour l'agriculture demande une baisse comprise entre 13 et 16,4 milliards de dollars.
La veille, l'offre européenne de baisser de 60% ses droits de douane sur ses importations agricoles avait elle aussi été rejetée par les pays en développement, qui n'y ont vu que la reformulation d'offres déjà faites. «Ce n'est qu'un gadget statistique», a lancé le ministre brésilien des Affaires étrangères Celso Amorim.
Absence de l'un des principaux négociateurs
Le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, a de son côté accusé les pays émergents de n'avoir rien mis sur la table en matière industrielle pour faire avancer la négociation. «Ce que nous attendons, c'est une réponse (à nos concessions). Tant que nous n'aurons pas cette réponse, nous ne pourrons pas obtenir l'équilibre dont nous avons besoin dans ce cycle», a-t-il déploré.
Par ailleurs, l'absence de l'un des quatre principaux négociateurs, le ministre indien du Commerce Kamal Nath, fait planer le doute sur la réelle capacité à avancer dans les discussions. Retardé
par un vote de confiance qui menaçait ce mardi la survie du gouvernement indien, Kamal Nath n'est attendu que mercredi à Genève.
Avec agence