Le coup d'envoi de la réforme de la formation professionnelle a été donné hier à Bercy. La ministre de l'Emploi, Christine Lagarde, a réuni les syndicats, le patronat et des représentants des régions pour discuter d'un système jugé « à bout de souffle, dans son organisation comme dans son financement ». Le gouvernement veut présenter un projet de loi avant la fin 2008 et adressera « d'ici au 20 juillet » une lettre d'orientation aux partenaires sociaux.
La tâche s'annonce ardue car la formation pour adultes regroupe de multiples acteurs. Outre les pourvoyeurs de fonds (entreprises, Etat, régions, etc.), il existe près de quinze mille organismes de formation continue, privés dans leur immense majorité. En 2005, ils ont formé 7,4 millions de stagiaires pour un chiffre d'affaires de 5,4 milliards d'euros, hors subventions. Cette organisation ne profite pas forcément à ceux qui ont le plus besoin de poursuivre leurs études, comme les chômeurs, les personnes sans diplôme ou les employés de PME. Selon une étude du Conseil d'orientation pour l'emploi (COE), les cadres et professions intellectuelles supérieures accèdent trois fois plus à une formation professionnelle que les ouvriers.