Le Pentagone va remettre en jeu le méga-contrat des ravitailleurs

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Publié le 9 juillet 2008.

AVIATION - EADS avait gagné le premier appel d'offre, contre son concurrent Boeing...

Le Pentagone va remettre en jeu le contrat des avions ravitailleurs de l'US Air Force, attribué à l'Américain Northrop Grumman et à l'Européen EADS au détriment de Boeing. Le département de la Défense suit ainsi un avis de la Cour des comptes américaine rendu le 18 juin dernier.

«Le secrétaire à la Défense Robert Gates va annoncer une remise en jeu rapide du contrat des ravitailleurs» d'un montant de 35 milliards de dollars, a indiqué sur son site internet le sénateur de l'Alabama Richard Shelby, Etat dans lequel devait être assemblé l'appareil d'EADS et Northrop.

Une décision sans surprise

Cette décision, qui constitue un revers pour la maison-mère d'Airbus et pour l'armée de l'Air américaine, était attendue: la Cour des comptes, dont l'avis est pratiquement toujours suivi par les pouvoirs publics, avait détecté des «erreurs significatives» dans le processus de sélection et avait recommandé le 18 juin à l'US Air Force de «rouvrir les discussions» pour ce contrat.

La remise en jeu de ce contrat est le dernier rebondissement d'une compétition à haute teneur politique qui oppose depuis des années le KC-45, version militarisée de l'A330 d'Airbus, et le KC-767, dérivé du 767 de Boeing. Cette commande avait déjà été attribuée à Boeing avant d'être annulée pour fraude et avait valu de la prison à deux cadres de l'avionneur.

Levée de boucliers protectionnistes

Le 29 février, l'armée de l'Air avait finalement choisi EADS et Northrop pour lui fournir ses avions ravitailleurs. Cette décision avait suscité une levée de boucliers protectionnistes au sein du Congrès. Outre le risque pour EADS de voir s'envoler le contrat, la remise en jeu de cette méga-commande risque de retarder encore une fois le renouvellement de la flotte vétuste des «stations-service volantes» de l'Air Force, cruciales pour assurer le ravitaillement des avions militaires en vol.

Le nouveau retard pourrait être d'au moins un an, selon les experts. Or, de l'aveu du Pentagone, l'armée ne peut plus se payer le luxe d'attendre. «C'est une acquisition prioritaire pour l'armée de l'Air, nous sommes en retard de dix ans, l'âge moyen de cette flotte est de 47 ans», avait récemment fait valoir le porte-parole du Pentagone, Geoff Morrell.

Immédiatement après l'annonce, vers 18h40 (heure de France), l'action Boeing a pris près de 0,97% à 66,56 dollars à la Bourse de New York.
Avec agence
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