«Jean-Claude Trichet nous mène vers une crise économique»

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Publié le 17 juin 2008.

ECONOMIE - L’économiste Marc Touati lance une pétition sur le Web, «Stoptrichet.com», pour dénoncer une éventuelle hausse des taux d’intérêts. Interview

«Stoptrichet.com», c’est le nom donné à la pétition que lance l’économiste Marc Touati ce vendredi pour sensibiliser l’opinion sur une possible hausse des taux d’intérêts par la Banque Centrale européenne. Pour lui, ce verdict qui tombera le 3 juillet pourrait s’avérer dangereux pour l’économie européenne. Interview.

Pourquoi avez-vous lancé votre pétition stoptrichet.com?
Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, a annoncé qu’il était probable qu’il augmente les taux d’intérêts pour lutter contre l’inflation. Il pousse à un mécanisme qui nous mène vers une crise économique encore plus forte.

En quoi la hausse des taux d’intérêts peut-elle nuire à la santé économique ?
Cela a une influence sur la consommation des ménages, or, depuis 2001, on compensait la crise grâce à la consommation: les ménages continuaient à consommer par l’endettement. Ainsi, ceux qui ont fait des emprunts à taux variables verront leurs remboursements augmenter. Quant à ceux qui souhaiteraient faire un crédit, cela devrait être plus compliqué : les crédits vont être limités par les banques. De plus, augmenter les taux d’intérêts incite à l’épargne. Or, celle-ci ne crée pas de richesses, donc ne stimule pas l’économie. On prend donc le risque d’avoir une récession.

La BCE serait-elle alors prête à sacrifier la croissance pour faire baisser l’inflation?
Oui, elle incite à s’embourber dans une crise économique, car elle préfère appliquer des dogmes pour enrayer l’inflation au lieu d’être pragmatique.

La banque fédérale américaine, (FED) applique-t-elle une autre politique ?
La FED a préféré faire baisser ses taux après la crise des subprimes. Si elle ne l’avait pas fait, on serait retourné à la crise de 1929.

L’inflation est-elle un mal absolu?
Elle ne l’est pas lorsqu’elle tourne autour de 3%, (le taux actuel). Cela peut le devenir, lorsqu’il s’agit d’hyperinflation, comme dans les années 80, lorsqu’on avait 15% d’inflation.
Propos recueillis par Valérie Zoydo
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