ENTREPRISES – Mais l'opérateur scandinave repousse l'appel du pied...
France Télécom a
dévoilé jeudi un projet de rapprochement avec le scandinave
TeliaSonera pour créer le quatrième opérateur télécom mondial. Mais l’offre a été immédiatement repoussée, jugée insuffisante par l’entreprise suédo-finlandaise et par l'Etat suédois actionnaire.
Ce projet, présenté comme une «démarche amicale», valorise l'opérateur nordique entre 32 et 34 milliards d'euros. Le rapprochement permettrait de créer le numéro 3 mondial dans l’Internet haut-débit et le numéro 4 mondial dans le mobile.
Le conseil d'administration de TeliaSonera a «
décidé unanimement de ne pas soutenir l'offre, qui sous-évalue de manière substantielle l'entreprise». Le gouvernement suédois, premier actionnaire du groupe, a estimé que l'offre de France Télécom ne reflétait pas la juste valeur de TeliaSonera.
15 jours pour convaincre TeliaSonera
Le PDG de France Télécom, Didier Lombard, a indiqué lors d'une conférence téléphonique qu'il se laissait 15 jours pour lancer ou non une offre formelle et qu'il y avait donc «un peu de temps pour rapprocher les points de vue». «Je ne considère pas que la situation est bloquée», a-t-il précisé.
D’après France Télécom, avec 237 millions de clients au total, dont 168 millions dans le mobile et 69 millions dans le fixe, le nouvel ensemble avec TeliaSonera occuperait «des positions de premier plan dans 30 pays, dont 21 où il détiendrait une position de leader». Doutant des synergies possibles, les analystes s'interrogent sur l'intérêt d'un tel rachat, alors que France Télécom a beaucoup axé sa stratégie, ces dernières années, sur les marchés émergents.
Complémentarité géographique, selon France Télécom
«Même sur les marchés matures il est intéressant d'élargir le socle sur lequel nous opérons nos activités. C'est d'ailleurs ce que nous avons fait les trois dernières années», a expliqué le PDG de France Télécom. Un volet de la stratégie illustré en Espagne par les rachats de l'opérateur mobile Amena en 2005 et du fournisseur d'accès internet Ya.com en 2007.
Didier Lombard rappelle que TeliaSonera est «très présent sur les pays émergents,
d'Eurasie notamment, qui connaissent une forte croissance avant même que l'internet ait pu s'y développer». Le Français met également en avant la complémentarité géographique: TeliaSonera est solidement implanté dans le nord (Norvège, Suède, Danemark, Finlande) et l'est de l'Europe (Russie, pays baltes), régions encore à conquérir pour France Télécom.
A la Bourse de Paris, l'action de France Télécom chutait jeudi vers 13h30 de 4,13% à 18,43 euros, dans un marché stable, tandis que le suédo-finlandais progressait à Stockholm de 6,94% à 57,75 couronnes.
Avec agence