La légère baisse du cours du baril hier (127 dollars) n'a pas suffi à enrayer une colère qui a d'ores et déjà fait le tour du globe. En France, pêcheurs, agriculteurs et routiers ont manifesté à Frontignan, Lille, Perpignan, Toulouse, Bordeaux ou Montpellier. La Confédération des artisans et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) a alerté sur la menace qui pèse sur « la rentabilité des chantiers ».
En Espagne, où une manifestation est prévue demain, des routiers ont appelé à des arrêts de travail et la « grève illimitée » de pêcheurs se poursuit. Leurs homologues portugais et italiens se préparent aussi à rester à quai tandis que routiers et chauffeurs de car en appellent aux autorités en Bulgarie et aux Pays-Bas. En Indonésie, des centaines d'étudiants et de pêcheurs dénoncent la hausse de près de 30 % du prix des carburants en raison de la réduction des subventions publiques. Une situation qui pourrait bientôt concerner l'Inde et Taïwan.
Face à l'urgence, l'Autriche va contribuer aux frais des automobilistes et la Slovénie a demandé un débat européen. Le « troisième choc pétrolier » qui frappe l'économie requiert des « solutions mondiales », s'est inquiété le Premier ministre britannique, Gordon Brown.