Des tensions, des débats et une décision : la grève est relancée dans les ports, malgré l'accalmie du week-end. Des pêcheurs de la Méditerranée (à Marseille et à Martigues entre autres) et de la Manche (à Cherbourg et à Dieppe) se sont rendus hier à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) pour unir leurs forces contre la hausse du prix du carburant. Ils ont voté la reconduite du mouvement de protestation jusqu'à demain. « L'Etat a 48 heures pour nous répondre », déclarait Jean Thiébaut, fileyeur de la CFDT, à la sortie de la réunion. Une tendance confirmée en Bretagne (à Lorient et à Saint-Brieuc) et à La Rochelle, où le blocage a été adopté à une petite voix.
Les revendications, elles, n'ont pas changé. Les marins réclament toujours « la baisse du gazole à 40 centimes d'euro à la pompe » et non les compensations financières a posteriori promises mercredi par Michel Barnier, le ministre de l'Agriculture et de la Pêche. Ce dernier a par ailleurs demandé, en Conseil des ministres européen, que les limites fixées par l'Union aux aides nationales à la pêche soient relevées.
Autre revendication : « Des quotas suffisants pour la survie des entreprises ». A Boulogne, « on ne peut plus pêcher de cabillaud, se plaint Olivier Guerville, sur son chalutier. Alors on les rejette à la mer. » Conséquence : les responsables syndicaux veulent « l'allégement total des charges d'avril à juin ».
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L'interview d'un pêcheur dieppois