Doubler l'intéressement d'ici à 2012. Déplorant que dans les sociétés de moins de cinquante salariés, « moins d'un travailleur sur dix » bénéficie du système qui permet de l'associer - via une prime - aux performances de l'entreprise, le président de la République a annoncé hier la mise en place de mesures d'incitation. A partir de 2009, les entreprises qui concluront un accord recevront ainsi un crédit d'impôt de 20 % sur les sommes versées. Pour celles qui en auraient déjà, l'avantage fiscal s'appliquera à chaque centime supplémentaire. Un projet de loi sera présenté en juin. Il permettra aussi le déblocage immédiat de la participation, qui deviendrait alors imposable.
« Le Président, qui désirait faire une annonce sur la participation, a dû reculer face au patronat », estimait hier Fabrice Signoretto, spécialiste du droit du travail. Contrairement à la participation, dont les modalités sont fixées par la loi, l'intéressement résulte en effet d'un « accord collectif entre l'entreprise et les syndicats », ce qui « permet à l'employeur de garder la maîtrise », explique le spécialiste. De son côté, le responsable de la CGT, Jean-Christophe Le Duigou, s'est inquiété que cette forme de rémunération, exonérée de cotisations à la Sécu, puisse se substituer au salaire.