Pétrole au-dessus des 130 dollars: «C’est très cher mais cela pourrait être pire»

111 contributions
Publié le 21 mai 2008.

INTERVIEW – François Lescaroux, économiste spécialisé, commente la flambée du pétrole à 130 dollars…

Le baril de pétrole a dépassé pour la première fois 132 dollars à New York mercredi. Un nouveau record que commente pour 20minutes.fr François Lescaroux, économiste à l’Institut français du pétrole (IFP).

Le baril de pétrole a dépassé mardi pour la première fois la barre des 130 dollars. La spéculation ne va t-elle pas trop loin?
Non, on peut même penser que le prix actuel est légèrement sous-évalué par rapport aux prix d’équilibre. En réalité, l’événement du jour, ce n’est pas la barre des 130 dollars qui est dépassée mais l’augmentation brutale des prix à long terme. Mardi, le pétrole vendu en décembre 2016 a clôturé à 138,38 dollars le baril, après une hausse de 8,40 dollars en une séance. La courbe des prix entre le court terme et le long terme s’est donc inversée. Cela signifie que sur le long terme le marché anticipe une hausse durable du pétrole. En somme, on peut résumer la situation actuelle à cette phrase: «C’est très cher mais cela pourrait être pire».

Il y a une polémique sur cette flambée du pétrole: les Américains accusent les pays pétroliers réunis au sein de l’Opep de maintenir des prix hauts, tandis que l’Opep montre du doigt les spéculateurs, jugés responsables de cette hausse. Qui a raison?
Les deux ont tort: l’Opep et les spéculateurs ne sont pas responsables de la flambée des prix. Les investisseurs ne font qu’anticiper le manque de pétrole à l’avenir, alors que l’Opep n’a pas beaucoup de marges de manœuvre pour faire baisser les prix. Les pays pétroliers peuvent augmenter au maximum leur capacité de production de 3 millions de barils par jour au maximum, mais la baisse des prix qui s’en suivrait serait compensée par une tension des marchés due à l’augmentation du risque: en cas de nouvelle guerre au Moyen-Orient, l’Opep n’aurait plus les réserves nécessaires pour faire face à la demande.

Quelles sont alors les vraies causes de la hausse du pétrole?

Il y a surtout trop de demande à l’échelle mondiale par rapport à l’offre disponible. Le niveau actuel des prix n’est pas lié à la conjoncture.

Dans ces conditions, jusqu’où peut monter le prix du baril?
On peut tout imaginer: le prix maximum est le prix du substitut au pétrole. Le pétrole ne peut pas être beaucoup plus cher que son futur remplaçant. Le problème, c’est qu’on ne sait toujours pas quel sera son remplaçant et quand il arrivera sur le marché.
Propos recueillis par Vincent Glad
Mots-clés
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
Electromenager
599.99 €
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr