MATIERES PREMIERES - A New York, les marchés s'affolent...
Le baril de pétrole a dépassé ce mercredi pour la première fois
130 dollars 132 dollars sur le marché new-yorkais, dopé
notamment par une chute imprévue des réserves pétrolières américaines. Il a atteint 131 dollars à Londres.
Parmi les autres facteurs de cette flambée des prix, figurent la crainte que l'offre ne puisse répondre à la demande, le sentiment que la production reste vulnérable, la réticence de l'Opep à augmenter son offre et la baisse du dollar.
Signe que les craintes sur l'offre ne sont pas liées à des difficultés temporaires, le mouvement touche aussi les prix à long terme du pétrole. Le pétrole vendu en décembre 2016 - le contrat le plus éloigné que l'on puisse acheter actuellement à New York - s'échange déjà près de 140 dollars: mardi, il a clôturé à 138,38 dollars le baril, avec une hausse vertigineuse de 8,40 dollars en une séance.
Divergences sur les causes de la flambée
L'inertie de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, qui assure 40% de l'offre mondiale, a contribué à l'envolée. Le cartel pétrolier a observé passivement la flambée depuis septembre. L'Opep estime le marché suffisamment approvisionné et compte sur les producteurs non-membres de l'Opep pour fournir aux nouveaux consommateurs (les pays émergents, Chine en tête) les barils qu'ils réclament.
La hausse du pétrole est due à la spéculation sur les marchés financiers et non à une offre insuffisante, a ainsi affirmé mardi le ministre vénézuélien de l'Energie et du Pétrole, Rafael Ramirez, qui en est membre.
Des arguments qui ne semblent pas convaincre les Etats-Unis. Après avoir vainement intercédé à plusieurs reprises cette année auprès de leurs alliés saoudiens pour que l'Opep agisse -- via leur président George W. Bush en personne -- ils semblent dorénavant pencher pour des méthodes plus fermes.
Faiblesse du dollar
La Chambre des représentants américaine a adopté mardi un projet de loi visant à permettre au ministère de la Justice de poursuivre les pratiques anticoncurrentielles dans le milieu pétrolier, notamment parmi les «entités contrôlées par l'Opep».
Enfin,
la faiblesse du dollar fournit une incitation supplémentaire aux investisseurs. Le billet vert, qui était remonté face à l'euro depuis deux semaines, a replongé ce mercredi. Vers 11h45 il s'échangeait à 1,5757 dollar contre un euro.
Débat: jusqu'où le prix du baril peut-il monter selon vous?
Avec agence
Prix L'Indonésie a annoncé ce mercredi qu'elle allait très bientôt augmenter de 28,7% le prix des carburants, une décision sensible sur le plan social jugée nécessaire dans le contexte de flambée mondiale des cours du pétrole.