La réunion de la dernière chance est mal partie. Les marins pêcheurs et le ministre de la Pêche, Michel Barnier, doivent faire le point ce matin sur le plan d'aide annoncé en janvier, les fameux « 310 millions d'euros ». Mais alors que le prix du baril de pétrole frisait hier les 130 dollars, le mouvement se radicalise.
« Le gazole coûte 0,72 euros le litre. Or, au-delà de 0,35 euros, on gagne plus à rester à quai qu'à partir en mer », explique Jean Porcher, dont les seize chalutiers ne sortent plus. Etranglé par le doublement du prix du gazole en un an et confronté à des importations qui cassent les prix, le secteur réclame des mesures pour redevenir rentable. Mais le ministre a prévenu qu'il ne ferait pas de « chèque en bois ». Et le plan de 310 millions d'euros n'a reçu hier qu'un feu vert partiel de Bruxelles, qui doit déterminer si les aides ne constituent pas une « entorse à la concurrence ».
Des centaines de pêcheurs ont prévu de manifester aujourd'hui devant le ministère. « S'il n'y a pas ce qu'il faut à la réunion, ça se passera mal, on va faire n'importe quoi », prévenait hier un pêcheur à La Rochelle.