Décidément, faire voter une loi sur les OGM est une gageure. La France aurait dû retranscrire en droit hexagonal la directive européenne qui encadre ces cultures depuis 2001. La précédente tentative a échoué en 2007, abandonnée à l'approche de la campagne présidentielle. Quant au projet de loi initié en décembre par le gouvernement et présenté hier, il a connu un véritable parcours du combattant avant de succomber à une ruse de procédure.
En février, les sénateurs avaient adopté des amendements plus favorables à la culture d'OGM. Mais début avril, les députés renversaient la tendance et ils consacraient même « le respect des filières non OGM », avec l'aval de la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, provoquant une grave crise gouvernementale. Ce fameux « amendement Chassaigne » a donc été retoqué par les sénateurs en deuxième lecture, qui ont autorisé une contamination accidentelle de 0,9 % des cultures normales par des OGM. Un compromis accepté par les députés, assurait le gouvernement, et qui aurait dû être adopté hier.