SANTE - La Cour d'appel de Colmar a donné raison ce mercredi à Leclerc...
La Cour d'appel de Colmar a donné raison ce mercredi au groupe de distribution Leclerc et débouté les groupements et syndicats de pharmaciens qui lui demandaient de retirer ou modifier sa campagne publicitaire sur la vente en grande surface de médicaments non remboursés.
Saisi en référé par Univers Pharmacie, Directlabo SA et les syndicats de pharmaciens USPO et UNPF, le tribunal de grande instance (TGI) de Colmar avait condamné le 21 avril le groupe Leclerc à retirer sa campagne publicitaire sur la vente en grande surface de médicaments non remboursés, sous peine d'astreintes. Le groupe Leclerc avait aussitôt décidé d'interjeter appel.
«Changement de législation bien hypothétique»
Dans son arrêt, dont l'AFP a reçu copie, la Cour a estimé que «la campagne de Leclerc de vendre des médicaments non remboursables suppose implicitement un changement de législation actuellement bien hypothétique».
Lancée en avril par les centres Leclerc, la campagne publicitaire controversée plaidait en faveur de la vente en supermarché des médicaments non remboursables, arguant que cela entraînerait des baisses de prix.
Cette publicité diffusée dans les médias sous le titre, «Avec l'augmentation du prix des médicaments, soigner un rhume sera bientôt un luxe» montrait un buste pour bijoux orné d'une parure de pilules et de gélules.
Michel-Edouard Leclerc, patron des centres éponymes, avait affirmé qu'il pourrait vendre 25% moins cher que la moyenne si le gouvernement ouvrait ce marché à la grande distribution.
«La pharmacie n'a pas dit son dernier mot»
La Cour considère que l'allégation de Leclerc d'un effet positif de la concurrence pour neutraliser les effets d'une hausse des médicaments est certes «réductrice», «il ne s'agit pas pour autant d'un véritable dénigrement» des officines.
Selon elle, l'image de la parure de pilules est «sans doute d'une ironie un peu agressive, mais elle ne dépasse pas manifestement les limites de ce qui est permis en matière d'expression humoristique».
La Pharmacie Française «n’a pas dit son dernier mot!», a réagi dans un communiqué Daniel Buchinger, président d’Univers Pharmacie (réseau de 500 pharmacies), se disant «fier d’avoir été le fer de lance dans ce combat pour la réhabilitation de la Pharmacie Française».
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