SOCIAL - Ils ont été reçus dans l'après-midi par la ministre de l'Economie...
«Laissez-nous négocier.» Malgré l'organisation d'une table ronde sur la réforme de l'assurance chômage ce mardi après-midi, les syndicats ont le sentiment d'avoir peu de marge de manoeuvre face à la détermination du gouvernement pour définir une nouvelle offre «raisonnable» d'emploi et déposer un projet de loi avant l'été.
La veille, ce dernier a laissé filtré
les nouvelles règles à l'étude pour diminuer le montant des allocations des demandeurs d'emploi. Au bout de six mois de chômage, ils ne pourraient plus refuser une offre d'emploi rémunérée 80 % de leur ancien salaire que deux fois, sous peine d'être radiés. Au bout d'un an, ils devraient accepter tout emploi dans leur qualification, pourvu que le salaire dépasse l'allocation reçue (57,4 % du dernier salaire).
Une offre encore floue
Pour l'instant, le gouvernement ne dit pas si une offre en CDD ou en intérim serait considérée comme «raisonnable», alors que la loi de modernisation du marché du travail, en cours d'examen au Parlement, précise que le CDI est la «forme normale» du contrat de travail.
Le gouvernement ne dit rien non plus de la manière dont serait matérialisée l'offre d'emploi: simple annonce à l'ANPE ou proposition ferme d'embauche?
«Les fraudes, c'est marginal»
«Il y a 3,5 millions de demandeurs d'emplois potentiellement indemnisables et il faut donner au service public le moyen de leur accompagnement, les fraudes c'est marginal or c'est là-dessus que le gouvernement voudrait qu'on concentre toute notre énergie»,
a déploré Gaby Bonnand, de la CFDT, avant l'ouverture de la table ronde.
Tous les syndicats ont demandé à la ministre de l'Economie, à leur arrivée à Bercy vers 14h30, de faire marche arrière. FO a dénoncé «la tactique du boa constrictor qui consiste, pour le gouvernement, à nous embrasser pour mieux nous étouffer, ça commence à bien faire !».
C. F. avec agence