Economies de carburant chez Continental Airlines: «Une accusation gravissime»

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Publié le 22 avril 2008.

REACTIONS - Les révélations sur les pratiques de la compagnie américaine créent la surprise en France...

«Un gros scandale.»  C'est ce que pourraient provoquer les révélations concernant la Continental Airlines, selon un pilote d'Air France interrogé par 20minutes.fr. Un rapport du département américain aux Transports épinglerait la compagnie pour ses économies de carburant au détriment de la sécurité des passagers, elon «Le Figaro» daté de mardi. Et ce, sur des vols transatlantiques. Une information démentie par la compagnie

«C'est une accusation gravissime car il est strictement interdit de ne pas respecter le niveau réglementaire de carburant», a estimé le pilote d'Air France, précisant qu'«une compagnie ne peut pas faire pression sur ses pilotes, car ce sont eux qui décident de la quantité de carburant nécessaire au vol qu'ils vont effectuer.» Selon le «Figaro», Continental Airlines les dissuaderait de faire escale au Canada pour faire le plein, cette procédure pouvant «réduire les bénéfices et éventuellement le financement de leurs retraites».

«Si ces pratiques étaient confirmées, ce serait extrêmement inquiétant», estime de son côté Stéphane Durant, secrétaire national du Syndicat national des contrôleurs du trafic aérien (SNTCA). Ce dernier affirme à 20minutes.fr ne pas avoir constaté en France de recrudescence de demandes d'atterrissage pour cause de jauges dans le rouge. «Par contre, il est vrai que les compagnies cherchent de plus en plus à faire des économies, low-cost en tête, sur le carburant. A terme, c'est la sécurité des passagers qui peut-être en cause.»

«Nombreuses techniques pour optimiser l'utilisation de carburant»

Chez Air France, si on concède chercher à réduire les dépenses, notamment en raison de la flambée des cours du pétrole, cela ne se fait «jamais au détriment de la sécurité», assure-t-on. «La réglementation en matière de carburant est très stricte, explique à 20minutes.fr Laurent Barthélémy, directeur des opérations et du développement technique au sein de la compagnie française. Au carburant prévu pour le trajet, calculé en fonction de la distance, des conditions météorologiques, du poids de l'avion etc., s'ajoute une réserve pour la route (3 à 5% supplémentaires) ainsi qu'une réserve pour l'atterrissage, au cas où l'avion ne pourrait pas se poser pour x raisons. Il faut en plus compter de quoi attendre trente minutes en altitude si les pistes sont surchargées.»

Pas de quoi être en panne sèche, donc. Selon l'expert, «il existe toutefois de nombreuses techniques pour optimiser l'utilisation de carburant, qui représente un quart des dépenses d'Air France. Cela va du renouvellement de la flotte à l'utilisation de gobelets plus légers de quelques grammes». Une préoccupation partagée par les deux géants rivaux de l'industrie aéronautique Airbus et Boeing, qui ont signé ce mardi un accord pour travailler ensemble afin de diminuer l'impact du trafic aérien sur l'environnement.
Catherine Fournier
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