«La fabrication de biocarburants est un crime contre l'humanité», a lancé lundi Jean Ziegler, rapporteur spécial aux Nations unies pour le droit à l'alimentation. Jadis porté aux nues par tous les gouvernements, le carburant miracle de «l'après-pétrole» est accusé du pire, sur fond d'émeutes de la faim.
• Les craintes Selon la Banque mondiale, les céréales nécessaires pour le plein d'un 4 x 4 peuvent nourrir un humain pendant un an. Et l'OCDE confirme que la demande de biocarburants «bouleverse» les marchés agricoles. Ces cultures polluantes (engrais, pesticides, tracteurs) détruiraient parfois des forêts vierges et autres écosystèmes, libérant les tonnes de CO2 retenues dans le sol. Un bilan peu reluisant pour un produit très coûteux en subventions.
• Les décisions L'heure n'est plus à la vénération de l'E85 (éthanol). Mais alors que des pays critiquent l'objectif européen de 10% de biocarburants en 2020, la France hésite. Les nouvelles pistes (à base de paille ou de copeaux de bois) ne font pas le bonheur de ses producteurs de colza et de betteraves.