ECONOMIE - Le chef de l'Etat avait promis que «l'Etat était prêt à investir sur le site, avec ou sans Mittal»...
Le porte-parole du gouvernement et secrétaire d'Etat à l'Industrie et à la Consommation Luc Chatel a indiqué ce lundi à i-télé que Nicolas Sarkozy «aurait un contact» avec le PDG d'ArcelorMittal, Lakshmi Mittal, «dans les prochains jours», au sujet de l'avenir de l'aciérie de Gandrange en Moselle.
«Le gouvernement reste plus que jamais mobilisé sur le fait que, un, il faut maintenir l'emploi et que, deux, il faut investir pour l'avenir du site», a-t-il poursuivi.
595 emplois menacés
Elus, syndicats, collectivités locales et industriels ont appelé ce lundi le chef de l'Etat à tenir sa «promesse» de maintenir en activité l'aciérie de Gandrange, dont ArcelorMittal, qui ne veut pas vendre, doit confirmer vendredi la fermeture partielle, aboutissant à la suppression de 595 des 1.108 emplois d'ici à 2009.
La charge a été menée par le PS qui a exigé de Nicolas Sarkozy qu'il «tienne les promesses faites devant les salariés» lors de sa visite dans l'usine mosellane le 4 février. «Il serait incompréhensible que cet engagement du président de la République ne soit pas tenu», a estimé à Paris Stéphane Le Foll, bras droit du premier secrétaire François Hollande.
La valse des repreneurs
«Soit nous arrivons à convaincre Lakshmi Mittal, (le patron indien d'ArcelorMittal, de revenir sur son plan de restructuration, ndlr) et nous investirons avec lui, soit nous trouvons un repreneur, et nous investirons avec lui», avait assuré à Gandrange le président devant 400 sidérurgistes.
Les annonces concernant de potentiels repreneurs se sont multipliées ces derniers jours.
Le sidérurgiste brésilien Gerdau s'est dit candidat à la reprise de l'aciérie dimanche, avant de se rétracter ce lundi.
Le groupe de sidérurgie Corus et le ferrailleur allemand Scholz se sont également manifestés. «Ceci pourrait être intéressant pour nous, mais il n'y a pas de discussion en cours», a indiqué le patron de Scholz. Aucune rencontre au ministère de l'Economie français n'a eu lieu à ce sujet, a-t-il ajouté.
«Un volontarisme politique en matière économique»
«Il faut laisser à l'Etat le temps d'étudier les solutions», a affirmé le nouveau porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, précisant «qu'il reste une place pour le volontarisme politique en matière économique».
Interrogé dimanche à ce propos sur BFM, le ministre du Budget, Eric Woerth, avait estimé que le «gouvernement avait du mal à comprendre» la fermeture partielle devant être confirmée par ArcelorMittal, «un groupe très bénéficiaire». «On est à la rencontre entre une stratégie industrielle et la volonté du gouvernement de maintenir sur son territoire une industrie performante», a-t-il ajouté.
Après la ministre de l'Economie Christine Lagarde la veille, le Premier ministre François Fillon a en tout cas réaffirmé ce lundi l'objectif du gouvernement que «tous les emplois» soient préservés. «Nous attendons les propositions» de la direction (ArcelorMittal, ndlr) et «nous serons extrêmement vigilants», a-t-il déclaré à l'issue d'un séminaire gouvernemental sur l'économie et le social. Le gouvernement entend veiller à ce «que les capacités industrielles de notre pays, en particulier dans le domaine de la sidérurgie, ne se réduisent pas».
Avec agence
Repreneurs potentiels
Avec plus de 30 usines dans le monde, le repreneur potentiel, Gerdau, dont le siège est à Porto Allegre (Brésil), réalise à l'international plus de 60% de son chiffre d'affaires (12,5 milliards de dollars en 2007). Dirigé par le Brésilien d'origine allemande Jorge Gerdau, 71 ans, il s'est imposé, en Amérique latine et en Amérique du Nord, dans les aciers longs, la spécialité de Gandrange. Il est actuellement le 14e sidérurgiste mondial avec une production annuelle de plus de 16 millions de tonnes.
Le groupe allemand Scholz, qui est basé à Essingen dans le Bade-Würtemberg (sud-ouest), emploie 3.500 salariés à travers le monde, a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 3,7 milliards d'euros.