INTERVIEW - Alexandre Law, économiste à l'institut Xerfi, livre son analyse à 20minutes.fr...
Alexandre Law, économiste à l'institut Xerfi, livre son analyse à 20minutes.fr sur les effets de la crise économique américaine.
Les Bourses mondiales ont de nouveau dévissé en début de semaine. L'Europe et la France vont-elles vraiment pouvoir être épargnées par cette crise qui dure?
La crise américaine est suffisamment grave pour que le signal d'alarme soit tiré. Il ne faut pas oublier que les Etats-Unis représentent plus de 25% de l'économie mondiale. C'est donc se bercer d'illusions que de croire qu'il n'y aura pas de répercussions en Europe.
Lesquelles?
Nous aurons un premier trimestre 2008 très difficile, avec une croissance quasi-nulle. D'autant qu'en France la consommation des ménages est en train de s'assoupir. Le durcissement des conditions d'emprunt, liés à la crise bancaire américaine, ne va pas améliorer les choses. Mais on n'est pas dans une situation catastrophique pour autant.
Pourquoi?
Parce que la zone euro est plus vertueuse que la zone états-unienne sur le plan économique. Nos ménages sont moins endettés, nous bénéficions d'un excédent commercial grâce à l'Allemagne (exportations supérieures aux importations) alors que le déficit commercial des Etats-Unis est abyssal et notre monnaie est extrêmement puissante, permettant d'atténuer les tensions inflationnistes.
Combien de temps tout cela peut-il nous prémunir?
Si la crise américaine se prolonge au-delà du premier semestre 2008, on y succombera aussi. Mais pour l'instant, aucune donnée brute ne nous permet de prédire une récession qui se propage aux pays émergents puis à la zone euro ou une débâcle des valeurs bancaires. Nous ne sommes plus en 1929. Le marché peut descendre très bas comme il peut monter très haut, le monde de la finance est plus réactif. La seule constante, c'est la confiance qui régit les économies. Et les déclarations catastrophistes, comme
«c'est la plus grave crise depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale», ne sont pas pour rassurer.
Propos recueillis par Catherine Fournier