Encadrement des marchés financiers: «Le but de la transparence est que l’investisseur soit dans la confiance»

INTERVIEW La vice-présidente de la société française des analystes financiers analyse l’impacte de la nouvelle directive est entrée en vigueur début 2018…

Propos recueillis par Nicolas Raffin

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Un trader au NYSE, la Bourse de New-York, le 29 décembre 2017 (illustration).

Un trader au NYSE, la Bourse de New-York, le 29 décembre 2017 (illustration). — BRYAN R. SMITH / AFP

  • La directive MIF 2 est entrée en vigueur ce mercredi. 
  • Elle doit apporter plus de transparence dans les marchés financiers. 
  • Cela représente une énorme masse de données à analyser pour les régulateurs. 

Un peu de lumière dans le monde - parfois opaque - de la finance ? Ce mercredi, la directive européenne MiFID 2 ou MIF 2 entre en vigueur. D’après un cadre de la Bourse de Londres cité par Le Monde, cette nouvelle réglementation représente « la plus grande réforme des marchés financiers » depuis plus de trente ans.

A quoi va-t-elle vraiment servir ? Pour mieux comprendre, 20 Minutes a interrogé Anne Bellavoine, vice-présidente de la société française des analystes financiers ( SFAF).

Quel est l’objectif principal de la directive MIF-2 ?

Elle va rendre les choses transparentes vis-à-vis d’un particulier ou d’un client institutionnel (banques, sociétés de gestion) présent sur un marché financier. Premièrement, cela vise à obliger les fournisseurs de recherche - qui produisent des analyses permettant de prendre des décisions sur les marchés (achat ou vente d’un titre par exemple) - à dire quel est le prix de leur recherche et à l’indiquer clairement au client. En outre, chaque société ou investisseur disposera désormais d’un numéro d’immatriculation unique.

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En quoi cette réglementation est-elle un vrai changement ?

Cela va permettre de bien préciser le coût de chaque transaction. Par exemple, certaines personnes veulent juste faire des transactions sur les marchés, sans payer pour de la recherche ou de l’analyse, ce qu’on appelle de l’exécution pure. Avec la nouvelle directive, ils sauront précisément à quoi correspondent leurs investissements.

Par ailleurs, en plus de l’immatriculation de toutes les sociétés, chaque transaction sera accompagnée de fichiers remplis d’informations. Ces fichiers seront ensuite transmis à l’AMF (autorité des marchés financiers). Ce sont des millions d’opérations par jour qui seront ainsi documentées, ce qui représente un coût considérable pour ceux qui gèrent les transactions.

N’y a-t-il pas des risques avec cette nouvelle directive ?

On n’a pas encore le recul nécessaire pour répondre : d’un côté, il y a le risque que les investisseurs aillent faire des transactions ailleurs. Mais de l’autre, l’Europe reste un marché important, attractif et régulé, ce qui est rassurant quand vous voulez investir.

Le but de la transparence est que l’investisseur soit dans la confiance, même si les marchés ont déjà fait beaucoup de progrès. Cependant, l’ensemble des informations remontées aujourd’hui est d’une telle quantité qu’on se demande comment les régulateurs vont pouvoir analyser toutes ces données.