Epargne: Les Français mettent de moins en moins d'argent de côté depuis la crise financière

ARGENT « La crise a bouleversé les comportements d'épargne en Europe », selon le dernier rapport du groupe Allianz « Rendements des actifs privés dans certains pays de la zone euro » publié lundi…​

C.P.

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Tirelires et liasses de billets de 50 euros.

Tirelires et liasses de billets de 50 euros. — G. Michel / Sipa

Coup de froid sur l’épargne européenne. A l’exception de l’Allemagne « championne du monde de l’épargne », tous les pays de la zone euro ont enregistré une forte baisse des montants épargnés depuis 2003, selon le dernier rapport Rendements des actifs privés dans certains pays de la zone euro publié lundi par le groupe Allianz.

Une baisse de l’effort d’épargne compensée par l’envolée des prix des actifs

« Au cours des cinq dernières années, tandis que les plus-values ont augmenté de près de 50 % par rapport à leur niveau d’avant-crise, l’épargne par tête a reculé, elle, de plus de 40 % pour atteindre 1.060 euros par an [contre 1.820 euros par an et par tête entre 2003 et 2008, et 1.320 euros entre 2008 et 2011] », précise ce rapport.

« La crise a bouleversé les comportements d’épargne en Europe, explique dans un communiqué Ludovic Subran, chef économiste adjoint du groupe Allianz. Dans l’ensemble, les ménages mettent beaucoup moins d’argent de côté. Dans le même temps, ils bénéficient de la hausse des prix des actifs en droite ligne avec les faibles taux d’intérêt. En d’autres termes, la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) compense en partie les efforts d’épargne des ménages. »

Des Français qui ont pioché dans leur épargne pour consommer

A mi-chemin entre l’Allemagne, où l’épargne a continué de croître de 33 %, et le Portugal et l’Espagne où « la constitution d’actifs financiers par tête a reculé de 80 à 90 % par rapport aux années d’avant-crise », la France occupe une position médiane.

Au cours des cinq dernières années, « l’épargne des ménages français (1.190 euros par tête et par an) a diminué d’environ 40 %, en comparaison avec son niveau d’avant-crise », note Allianz. Ainsi, alors que 4 % de leurs actifs financiers étaient épargnés entre 2003 et 2007, cette part a chuté à 1,8 % entre 2012 et 2016.

« Pendant la crise, nos compatriotes se sont imposé une diète supplémentaire pour constituer une épargne de précaution. Depuis 2012, ils ont eu le sentiment qu’en raison de la politique monétaire menée par la Banque centrale européenne, l’épargne ne rapportait plus rien. Ils ont donc pioché dedans pour consommer, renouveler des biens d’équipement comme l’automobile ou faire des transferts intergénérationnels », explique Ludovic Subran dans un entretien au Monde.

Avec un rendement moyen annuel de l’épargne à 3,8 %, déduction faite de l’inflation, la France se situe également dans la moyenne européenne, loin des 6,6 % engrangés par les Finlandais, adeptes de la Bourse, mais bien au-dessus des 2,4 %, 2,3 % et 1 % tirés respectivement par les épargnants allemands, portugais et autrichiens.

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