La «bulle» du bitcoin va-t-elle éclater?

ECONOMIE Alors que la monnaie virtuelle a dépassé les 10.000 dollars, personne n'est vraiment d'accord sur ce que réserve son avenir...

20 Minutes avec AFP

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Des jetons de 1 bitcoin (illustration).

Des jetons de 1 bitcoin (illustration). — Rick Bowmer/AP/SIPA

Le bitcoin fait les montagnes russes. Après avoir franchi le pallier des 10.000 dollars mardi, il est monté jusqu'à 11.200 dollars mercredi avant de chuter à 9.800 dollars quelques heures plus tard, signe de la nervosité actuelle. Alors que la monnaie virtuelle, dont la capitalisation totale approche désormais les 200 milliards de dollars, a vu son cours multiplié par dix en un an, la question revient de plus en plus: s'agit-il d'une bulle financière? Et personne n'est vraiment d'accord.

Une quantité de bitcoins limitée

Sans existence physique, le bitcoin qui ne valait que quelques centimes en 2009 lors de son lancement, s'appuie sur un système de paiement de pair-à-pair basé sur la technologie dite «blockchain» ou «chaîne de blocs». Il s'échange sur des plateformes spécifiques sur Internet et n'a pas de cours légal. Il n'est pas régi par une banque centrale ou un gouvernement mais par une vaste communauté d'internautes et accepté dans un nombre grandissant de transactions (restaurants, immobilier, etc.).

Surtout, son mystérieux créateur, connu sous le pseudonyme Satoshi Nakamoto, a conçu le système pour qu'une quantité limitée de bitcoins puisse être mise en circulation.

«Actif spéculatif»

«C'est un actif très particulier, par définition spéculatif si l'on regarde l'évolution de son prix», a déclaré mercredi à la chaîne de télévision américaine CNBC le vice-président de la Banque centrale européenne Vitor Constancio. Tout en prédisant d'importantes fluctuations au bitcoin, le dirigeant «ne croit pas qu'elles vont s'étendre à d'autres marchés».

A la mi-septembre, le PDG de la banque JPMorgan, Jamie Dimon, avait estimé que le bitcoin était une «escroquerie» destinée à «imploser», tandis que le patron de Credit Suisse, Tidjane Thiam, avait déclaré récemment que c'était «la définition même d'une bulle». «C'est une bulle et il y a beaucoup de mousse. Ca sera la plus grosse bulle de notre vie», a prévenu Mike Novogratz, gestionnaire de fonds spéculatifs, lors d'une conférence sur la cryptomonnaie mardi à New York.

Le bitcoin devient mainstream

Le cours du bitcoin a été fortement stimulé le mois dernier, après que l'américain CME (Chicago Mercantile Exchange) Group, l'un des plus importants opérateurs boursiers mondiaux, a annoncé fin octobre le lancement prochain de contrats à terme de bitcoins.

Pour ses défenseurs, le bitcoin offre une alternative sécurisée aux devises traditionnelles: le «blockchain» rend les transactions infalsifiables car, afin de modifier une information, il faudrait la changer simultanément chez tous les utilisateurs. Cette caractéristique intéresse fortement le secteur bancaire, où le «blockchain» pourrait ouvrir de nouveaux horizons, simplifier les transactions dématérialisées et générer des économies.

A Wall Street, la banque d'affaires Goldman Sachs envisage également de spéculer dessus pour le compte de ses clients, avait indiqué à l'AFP début octobre une source proche du dossier. Sa rivale JPMorgan Chase s'est également dit «très ouverte» aux monnaies cryptographiques «proprement contrôlées et régulées».

«Je pense qu'on est toujours sur une tendance haussière forte», a indiqué de son côté à l'AFP, Kay Van-Petersen, stratégiste chez Saxo Bank à Singapour. Il prédit ainsi que le bitcoin pourrait valoir entre 50.000 à 100.000 dollars dans les 6 à 18 mois prochains.

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