Multiplié par 2.000 en cinq ans, le cours du bitcoin dépasse les 10.000 dollars

ECONOMIE En cinq ans, la monnaie virtuelle a vu son cours multiplié par 2.000...

20 Minutes avec AFP

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Des jetons de 1 bitcoin (illustration).

Des jetons de 1 bitcoin (illustration). — Rick Bowmer/AP/SIPA

C’est un moment assez fou. Le bitcoin a franchi mercredi pour la première fois le seuil record de 10.000 dollars, continuant de grimper après avoir vu sa valeur multipliée par 25 en deux ans.

Cette monnaie virtuelle, que l’on achète et que l’on vend sur des plateformes spécialisées sur Internet, valait 10.058 dollars (8.489 euros) dans les premiers échanges en Asie, selon des données compilées par l’agence Bloomberg. Une personne qui aurait investie 1.000 dollars en bitcoin en 2012 (cours d’environ 5 dollars) posséderait aujourd’hui un pactole de 2 millions de dollars. Bulle ou pas bulle ? Les experts sont divisés.

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Des analystes optimistes

Mi-octobre, la monnaie cryptographique s’échangeait encore à 5.000 dollars. La récente flambée est d’autant plus spectaculaire que le bitcoin avait commencé l’année autour de 1.000 dollars, avant de trébucher dans l’un des krachs qu’il connaît régulièrement. Pour l’heure, il devrait poursuivre son ascension : « on ne voit à l’horizon aucun facteur susceptible de le faire retomber », indique à l’AFP Shane Chanel, du cabinet ASR Wealth Advisers à Sydney.

Sans existence physique, le bitcoin s’appuie sur un système de paiement de pair-à-pair basé sur la technologie dite « blockchain » ou « chaîne de blocs » ; il s’échange sur des plateformes spécifiques sur internet et n’a pas de cours légal.

Wall Street veut sa part

L’Américain CME, l’un des plus importants opérateurs boursiers mondiaux, a par ailleurs annoncé fin octobre qu’il allait proposer des produits dérivés permettant de spéculer sur le bitcoin. A Wall Street, la banque d’affaires Goldman Sachs envisage également de spéculer dessus pour le compte de ses clients, avait indiqué à l’AFP début octobre une source proche du dossier. Sa rivale JPMorgan Chase s’est également dite « très ouverte » aux cryptomonnaies « proprement contrôlées et régulées ».

L’arrivée de ces investisseurs institutionnels sur un marché jusqu’alors dominé par les acteurs individuels « pourrait rassurer sur le fait qu’il s’agit d’un objet d’investissement (normal) pour le système financier », explique à l’AFP Daisuke Yasaku, chercheur au Daiwa Institute of Research à Tokyo. Pourtant, mi-septembre, le PDG de JPMorgan, Jamie Dimon, avait estimé que le bitcoin était une « escroquerie » destinée à « imploser ». « C’est la définition même d’une bulle », abondait récemment le patron de Crédit Suisse, Tidjane Thiam.

Les montagnes russes du bitcoin avivent la crainte d’un emballement spéculatif. A son lancement en février 2009, un bitcoin ne coûtait que quelques centimes… « C’est quelque chose qui n’a pas de valeur intrinsèque, qui peut s’effondrer du jour au lendemain », argumentait courant novembre auprès de l’AFP le prix Nobel d’Economie Jean Tirole.

Banni en Chine

La Chine a banni en septembre les échanges de monnaies cryptographiques sur les plateformes du pays en assurant vouloir contrer les « activités illégales » mais également endiguer les risques potentiels pour son système financier. L’interdiction chinoise a momentanément chahuté le marché, mais les cours ont rapidement repris leur irrésistible ascension.

« Il n’y a pas de critère clair pour évaluer le bitcoin », observe Daisuke Yasaku. « Difficile donc de décider si la bulle va réellement éclater, ou même simplement s’il s’agit d’une bulle ».

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