Comment Thermomix vend un robot toutes les deux minutes en France

CONSOMMATION L'entreprise allemande Vorwerk, qui commercialise le fameux robot (et dont le siège français est basé à Nantes), continue de voir ses ventes exploser...

Julie Urbach

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Un robot Thermomix

Un robot Thermomix — J. Urbach/ 20 Minutes

  • Pas moins de 285.000 de ces fameux robots ont été vendus en France en 2016.
  • Un succès qui s'appuie sur un système très efficace de vente à domicile, et la promotion de «tout un univers de services».

Il y en a peut-être un dans votre cuisine. Ou dans celle de votre belle-mère, votre collègue, ou votre voisin. Thermomix, ce robot qui coupe, mixe, cuit…, et vous envoie même votre liste de courses grâce à sa récente version connectée, continue de tracer sa route. Alors que la marque allemande Vorwerk (dont le siège social français est basé à Nantes et emploie 200 personnes) a l’ambition d’équiper, à moyen terme, une famille sur quatre, elle en a écoulé 285.000 exemplaires en 2016 en France (+11 %)… Soit un toutes les deux minutes !

Malgré un prix très élevé (1.269 euros) et un mode de vente peu courant, la sauce prend, et la France est le deuxième pays où l’on en achète le plus. Premier ingrédient du succès, une toile très finement tissée. Si aucun site Internet ou magasin ne commercialise le robot star (sauf un à Paris, et c’est nouveau, car le produit peine à convaincre les Franciliens), tout fonctionne grâce aux 8.000 conseillers Thermomix, dont la majorité sont des utilisateurs si convaincus qu’ils se sont lancés dans l’aventure de vendeur indépendant. Toujours plus nombreux, malgré le turn-over, ils sont pilotés par des directeurs d’agences répartis sur tout le territoire.

« Ceux qui le font pour le plaisir peuvent gagner 300 euros par mois, assure Bertrand Lengaigne, directeur de Thermomix France. Ça monte à 3.000 euros à temps plein. » Comment ? Grâce à des réunions, les fameuses « escales gourmandes », que chaque nouvel utilisateur doit organiser chez lui, en présence d’amis, d’une bonne recette… et du représentant Thermomix. « Désormais, même si nous n’avons pas d’objectif, j’arrive à faire une vente à chaque coup, confie une conseillère chevronnée. Ça fait tellement plaisir de transmettre ce produit formidable dont je ne pourrais plus me passer ! »

Le chef Eric Guérin a animé un atelier Thermomix à l'agence de Couëron
Le chef Eric Guérin a animé un atelier Thermomix à l'agence de Couëron - J. Urbach/ 20 Minutes

« Un monde magique »

Ajoutée à l’essor du « fait-maison », c’est là l’autre clé de cette réussite. « Quand on acquiert un Thermomix, on entre dans un monde à part, magique », explique Sophie Hanon-Jaure, directrice marketing. Plus qu’un objet que l’on sortirait une fois de temps en temps du placard, le robot-cuiseur veut proposer tout un « univers de services, pour être toujours là, au plus près du client ».

En témoignent les plateformes en ligne de recettes, newsletter, magazines et autres invitations à des ateliers culinaires, parfois animés par des chefs comme Eric Guérin qui malgré, un contrat publicitaire, assure qu’il utilise l’engin pour « les découpes et émulsions » (et contredit dans la foulée l’idée que le produit n’est destiné qu’à ceux qui ne savent pas cuisiner…)

« Notre force, c’est l’accompagnement des clients. S’ils sont contents, ils nous recommanderont », résume-t-on au service marketing. Jusqu’à créer, pour certains utilisateurs, une vraie forme de dépendance… « Moi, j’en ai acheté deux, témoigne une cliente nantaise. J’ai mis le second dans ma maison de campagne, à Pornic, car même pour les soupes, je ne sais plus comment faire sans ! »

Usine en Eure-et-Loir

Non loin de son siège nantais, Thermomix a installé son service après-vente (50 salariés) à Treillières, en Loire-Atlantique. La fabrication et l'assemblage est réalisé dans l'usine de Cloyes-sur-le-Loir (Eure-et-Loir), où travaillent 400 personnes.