Quand vous pensez à tout cet argent dépensé pour la Sécu, pour les retraites, vous étouffez. Jeune actif effaré par la différence entre votre salaire brut et net, salarié trentenaire excédé par l'influence des seniors dans votre boîte et dans la société, vous avez désormais des porte-voix déterminés à dénoncer « l'égoïsme extrême des aînés », selon les mots de Grégoire Tirot, qui vient de publier France anti-jeune (Max Milo Editions).
« Jamais une jeunesse n'a été autant diplômée et compétente », s'insurge Tirot. Et pourtant, « les jeunes travaillent pour gagner moins que leurs aînés et pour payer plus de charges qu'eux ». En clair, les stagiaires et les CDD paient pour les augmentations de salaire, la protection et les acquis des plus vieux. Une thèse similaire à celle développée par Sébastien Groyer dans La Réalité du système social français (Editions du Cygne). Dans ce pamphlet dessiné, une petite vieille rackette un jeune actif : « Quand on a du temps pour se regarder vivre, on devient hypocondriaque. Alors je vais chez le médecin toutes les semaines ! » Et quand il demande du répit : « J'aimerais bien consommer un peu moi aussi... ». Elle lui réplique : « Et la solidarité, hein ? »
Plus subtilement, Patrick Artus et Marie-Paule Virard épinglent l'environnement économique malsain légué par les baby-boomers dans Comment nous avons ruiné nos enfants (éd. La Découverte). Avec un certain succès, puisque l'ouvrage, édité une première fois en septembre 2006, ressort aujourd'hui en livre de poche.
Faites vous votre opinion: