«Un parallèle entre la baisse du moral des ménages et celle de Nicolas Sarkozy dans les sondages»

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Publié le 28 février 2008.

INTERVIEW - Alexander Law, économiste à l’institut Xerfi, analyse pour 20minutes.fr les raisons et les effets de cette déprime...

Le moral des ménages dégringole en continu depuis 2007. Il a atteint ce mois-ci son niveau le plus bas depuis 1987 (-35). Alexander Law, économiste à l’institut Xerfi, analyse pour 20minutes.fr les raisons et les effets de cette déprime.
 
Comment expliquez-vous cette chute historique de l’indicateur du moral des ménages?
 
On observe une concomitance de facteurs négatifs sur le plan économique mais aussi politique. On peut d’ailleurs effectuer un parallèle entre la baisse du moral des ménages et celle de Nicolas Sarkozy dans les sondages. L’indicateur a commencé à plonger après l’élection présidentielle en mai 2007.
 
Pourquoi selon vous?
 
La déception a été à la hauteur des attentes des citoyens. Nicolas Sarkozy s’est présenté comme le président du pouvoir d’achat et il y a eu un phénomène d’euphorie électorale. Mais les vents contraires se sont accumulés à vitesse grand V après l’élection: le cours des matières premières s’est envolé, la crise des subprimes a fait craindre la récession aux Etats-Unis, les bourses se sont affolées... Plus récemment, l’affaire de la Société générale et la hausse des prix des denrées alimentaires ont achevé d’inquiéter les Français.
 
Des facteurs qui n’ont rien à voir avec la politique de Nicolas Sarkozy...
 
Effectivement, un seul gouvernement ne peut pas combattre toutes les forces de l’économie mondiale. Et le pouvoir d’achat, ça ne se décrète pas à court terme. L’erreur est d’avoir fait croire le contraire, en se présentant comme le Président de la rupture. La rupture, ça prend du temps.
 
Mais le moral des ménages et la consommation réelle sont-ils vraiment liés?
 
Quand les Français dépriment, ils ont effectivement tendance à moins acheter. Preuve en est la consommation médiocre au quatrième trimestre 2007 et en janvier 2008. On observe d’ailleurs qu’à la question «Etes vous prêt à faire des achats importants ?», les Français n’ont jamais autant répondu par la négative depuis 1997. C’est sans doute lié au fait que la hausse des prix actuelle concerne des produits de base. Ce qui a un impact psychologique très fort.
 
Quelle est la marge de manœuvre du gouvernement dans ce domaine?
 
Elle est faible. A part dire aux industriels et aux distributeurs de faire preuve de modération au niveau tarifaire, l’Etat ne peut pas contrôler les prix. Ce qu’il peut faire, c’est accroître la concurrence, mais là encore cela prend du temps. L’inflation devrait tout de même redescendre après avril-mai, pour atteindre les 2% fin 2008.
Recueilli par Catherine Fournier
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