ECONOMIE – Jean-Christophe Caffet prédit une baisse sensible de l’inflation en 2008, alors qu’elle a atteint 2,8 % en 2007…
Les mauvais chiffres s’accumulent.
La consommation des ménages a chuté de 1,2 % en janvier, l’inflation s’élève à 2,8 % sur l’année 2007. Jean-Christophe Caffet, économiste à la banque Natixis, analyse ces chiffres pour 20minutes.fr.
La consommation des ménages a chuté de 1,2 % en janvier. Est-ce inquiétant?
En dépit des apparences, ce ne sont pas des si mauvais chiffres. La chute de la consommation est tirée par le secteur automobile qui a compensé en janvier des chiffres excellents sur les derniers mois de 2007. Les consommateurs ont acheté beaucoup de voitures à la fin de l’année dernière car ils anticipaient l’application du bonus/malus écologique au 1er janvier 2008. En clair, les gens se sont dépêchés d’acheter des voitures polluantes avant que ça ne devienne trop coûteux… Il ne faut pas oublier qu’en décembre, la consommation avait fait un bond de 2,1%. La situation n’est donc pas catastrophique.
Dans le même temps, on vient d’apprendre que l’inflation a atteint 2,8 % sur l’année 2007, la plus haute augmentation depuis 1992. Les prix vont-ils continuer à augmenter à ce rythme?
Non, nos prévisions montrent que l’inflation va fortement ralentir au cours de l’année 2008. On s’attend à un mois de février record avec une inflation qui devrait atteindre les 3 % sur un an. Mais ensuite, il y aura une très nette décrue, nous prévoyons une inflation à 1,6 % sur le quatrième trimestre. Le prix du pétrole devrait fortement baisser car l’économie mondiale rentre en phase de stagnation et qu’il y aura donc une demande moindre. Aujourd’hui, le baril flirte avec les 100 dollars, nous tablons sur un prix de 76 dollars à la fin 2008.
Pour contrer cette hausse, de nombreuses entreprises (Renault, Air France, Generali…) ont augmenté les salaires de leurs employés plus que la normale cette année…
C’est un effet logique de l’inflation: comme les prix augmentent, les entreprises sont plus enclines à céder aux demandes d’augmentation des syndicats. La Banque centrale européenne craint que ces mauvais chiffres de l’inflation n’engendrent trop de hausses de salaires. Ce qui en retour augmentera d’autant l’inflation. Et ainsi de suite. Un vrai cercle vicieux.
Le pouvoir d’achat est aujourd’hui la première préoccupation des Français (41 % des interrogés), très loin devant l’emploi (23 %). Vous comprenez les attentes de nos concitoyens?
Oui, l’année 2007 a été très compliquée en termes de pouvoir d’achat. On a trois besoins impérieux, se déplacer, se nourrir et se loger. Et ce sont précisément ces trois postes de dépense qui ont alimenté l’inflation avec les hausses conjuguées du pétrole, de l’alimentaire et de l’immobilier. Si le prix des écrans plasma avait augmenté, cela aurait eu beaucoup moins d’impact sur le moral des Français car c’est un besoin secondaire.
Propos recueillis par Vincent Glad