VIDEO. Marseille: Le premier bus où le chauffeur conduit sans les mains

TRANSPORTS Mercedes-Benz présente cette semaine à Marseille pour la première fois en France un autobus à conduite autonome... 

Mathilde Ceilles

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Le Future bus est le premier autobus à conduite autonome

Le Future bus est le premier autobus à conduite autonome — Mathilde Ceilles

  • Cette semaine se tient à Marseille les rencontres nationales du transport public.
  • A cette occasion, Mercedes-Benz présente un autobus à conduite autonome.
  • Ce bus permet de circuler sur un circuit en pilotage automatique, comme dans les avions.

Imaginez un peu : comme tous les matins, vous prenez le bus pour aller au travail. Vous saluez le chauffeur, avant de vous installer. Le bus reprend sa course. A la différence près que le chauffeur, bien assis sur son siège, ne touche aucune commande. Le bus avance tout seul, tourne, accélère, ralentit, s’arrête même au feu lorsqu’il passe au rouge.

Ce bus pas comme les autres était présenté pour la première fois en France ce mardi à Marseille à l’occasion de la 26e édition des rencontres nationales du transport public au Parc Chanot. Conçu par Mercedes Benz, le dénommé « Autobus du futur » est équipé d’un concentré de technologies, baptisé CityPilot, qui permet une conduite autonome, à l’image du pilotage automatique à bord de certains avions.

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Un bus qui détecte piétons et passages au feu rouge

Pour cela, le bus doit d’abord procéder à une sorte de « repérage » du trajet qu’il est amené à effectuer. Lors de ce premier passage, radars, caméras et autres moyens de géolocalisation enregistrent les caractéristiques précises du trajet, comme le nombre de virages et leurs amplitudes. Le bus est ensuite capable de rouler de manière autonome sur ce même trajet, détectant les éventuels piétons et même les passages au feu rouge.

Ce bus peut parcourir de plus longue distance que les navettes autonomes qui existent déjà. Lors de son trajet inaugural à Amsterdam l’année dernière, ce bus a parcouru vingt kilomètres, avec des pointes jusqu’à 70 km/h. « Lors de l’accotement à quai, les capteurs permettent au bus de stationner au plus proche sans dégât pour la carrosserie ou les pneus », se réjouit Johannes Kramer, directeur commercial autobus et grands comptes. Le changement de vitesse se fait via une boîte automatique, et les rétroviseurs, habituellement à l’extérieur du véhicule, se trouvent remplacés par des caméras à l’intérieur de l’habitacle.

Un bus à l’état de prototype

La présence du conducteur reste néanmoins nécessaire, la machine ayant tendance à stopper à chaque danger. « La machine n’a pas l’instinct du conducteur, note Matthieu Beyt, directeur commercial autocars et minicars chez Mercedes. Quand vous êtes sur la place de l’Arc-de-Triomphe à Paris, vous savez que, à un moment, il faut y aller ! »

C’est aussi le conducteur qui actionne un bouton pour pouvoir stopper le bus si l’arrêt est demandé. Le chauffeur de bus reste enfin présent en cas de problème, et le bus passe alors en conduite manuelle. Enfin, le bus n’a pas encore les capacités de circuler en pleine ville, et doit avoir des voies réservées.

Pour l'heure, ce bus restera à l’état de prototype, la législation européenne n’autorisant pas encore ce type de véhicules. Mais en mettant au point un tel véhicule, Mercedes veut d’une part montrer les possibilités techniques en la matière, tout en espérant faire évoluer le cadre législatif.

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