C'est l'entreprise la plus riche de France. Total a dégagé en 2007 un bénéfice de 12,2 milliards d'euros. Et ce, malgré une devise américaine faible qui a désavantagé les ventes. Comme ses concurrents, le quatrième pétrolier mondial a profité de la flambée du baril, qui a franchi la barre des 100 dollars à New York en janvier. Pourfendeuse habituelle de Total, l'UFC-Que Choisir a immédiatement exigé une hausse de son impôt. « Les consommateurs font face à une inflation continue de la facture de carburant », a dénoncé l'association de consommateurs, reprochant à Total de trop chouchouter ses actionnaires et de ne pas investir suffisamment dans le raffinage, la production, les biocarburants et les énergies propres.
« Si les pétroliers rendent beaucoup leurs profits aux actionnaires, c'est qu'ils n'ont plus accès qu'à 18 % des lieux de production dans le monde à cause de la montée des nationalismes pétroliers et des turbulences géopolitiques », explique Jean-Marie Chevalier, auteur des Batailles de l'énergie. Autrement dit, Total ne peut investir ses bénéfices dans la production car les sites à exploiter sont trop peu nombreux. « On dénonce les profits des pétroliers, mais les banques et les fonds d'investissement gagnent aussi beaucoup d'argent grâce à l'or noir », rappelle par ailleurs Jean-Marie Chevalier.