Démission, rachat. Le sort de la Société générale et de son patron Daniel Bouton déchaînaient les rumeurs hier. La troisième banque française vacille après la folle spéculation d'un trader, qui a anéanti ses profits en 2007. Au onzième jour de crise, son titre s'est envolé en Bourse sur des rumeurs de rachat par la soeur ennemie, BNP Paribas, ou pire, de « vente en morceaux ». Et les critiques fusent à l'encontre du PDG, Daniel Bouton, qui affirme que sa démission est toujours sur la table alors qu'un conseil d'administration « ordinaire » se tient aujourd'hui. Il ne peut « pas faire autrement que partir », a estimé hier le président de la commission des Finances du Sénat, le centriste Jean Arthuis.
Fraude massive, pertes liées aux crédits américains « subprimes », soupçons de délits d'initiés, procès pour blanchiment en février : il pleut des tuiles sur « la machine à prendre des décisions », comme Bouton se décrit. L'énarque de 57 ans, ancien inspecteur des finances, dirige la SG depuis dix ans. En 1999, il a remporté une bataille boursière épique, forçant la BNP à battre en retraite. Une victoire moins assurée aujourd'hui, avec une valeur boursière - son bouclier tant vanté - divisée par deux depuis mai. Même si le Premier ministre souhaite que la SG « reste une grande banque française ».