Menace de fermeture de GM&S Industry: Encore un sursis pour les salariés?

EMPLOI Le tribunal de commerce de Poitiers se prononce ce vendredi sur le dossier…

Nicolas Raffin

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Les salariés de GM&S Industry bloquent à nouveau leur usine depuis le 13 juin.

Les salariés de GM&S Industry bloquent à nouveau leur usine depuis le 13 juin. — PASCAL LACHENAUD / AFP

  • L’usine est menacée de liquidation
  • Les syndicats jugent la seule offre de reprise insuffisante
  • Le gouvernement veut éviter une fermeture d’industrie

Les 277 salariés du sous-traitant automobile GM&S Industry devront peut-être encore attendre avant d’être fixés sur leur sort. Depuis décembre 2016, leur entreprise située à La Souterraine dans la Creuse est en redressement judiciaire. Le site avait déjà obtenu un sursis le mois dernier, avec la prolongation de la période d’observation, le temps que d’éventuels repreneurs se manifestent.

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Pour l’instant, seule la société GMD s’est montrée intéressée. « Une offre consolidée a été transmise au tribunal de commerce de Poitiers [où une audience est prévue ce vendredi], ce qui devrait permettre de donner un délai supplémentaire pour la poursuite de l’activité » indique à 20 Minutes le cabinet du ministre de l’Economie Bruno Le Maire. « Selon toute vraisemblance, l'administrateur judiciaire devrait demander au président du tribunal de mettre la décision en délibéré au 30 juin » a indiqué le ministère à l'AFP. 

Inquiétude des syndicats 

Les syndicats espèrent ensuite une nouvelle prolongation de la période d’observation jusqu’au 30 septembre, pour permettre à un éventuel repreneur « de ne pas être pénalisé par une reprise en plein été », au moment où les usines des principaux donneurs d’ordre (PSA et Renault) tournent au ralenti, voire sont à l’arrêt.

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Ces dernières semaines, plusieurs rencontres ont eu lieu à Bercy avec les syndicats. Une ultime réunion s’est tenue ce jeudi au ministère de l’Economie et des Finances. A la sortie, les représentants des salariés n’étaient pas rassurés. « Pour l’instant GMD ne veut toujours reprendre que 120 salariés (43 % des effectifs), explique Franck Cariat, délégué CGT. Pour nous, ce n’est pas acceptable : cela signifie qu’on ne pourra plus rien développer en interne. A long terme, le site ne sera pas viable ».

Pression sur Macron 

Les syndicats demandent donc à GMD d'améliorer son offre et de reprendre 200 salariés pour assurer la pérennité du site. En attendant, quatre cars de salariés feront le déplacement vendredi à Poitiers pour manifester devant le tribunal.

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La pression est aussi sur le gouvernement d’Emmanuel Macron : une liquidation serait un mauvais signal pour celui dont le programme présidentiel assurait qu’une France sans industrie « n’était pas une option ». « Nous faisons tout pour permettre la poursuite de l’activité » assure le cabinet de Bruno Le Maire.