Kerviel n'a pas fait couler la Société générale, contrairement à son confrère Nick Leeson, qui avait causé le naufrage de la banque Barings dans les années 1990, avec une ardoise de «seulement» 1,4 milliard de dollars.
De fait, selon des informations parues dans le «Financial Times», la banque française aurait chargé la barque sur son courtier. Lorsqu'elle découvre ses opérations, il y a dix jours, l'investissement représentait une perte de 1,5 milliard d'euros, et avait même rapporté des profits en 2007. C'est la vente en trois jours par la banque qui a creusé un trou record de 4,9 milliards d'euros.
Deux explications s'imposent donc : soit Jérôme Kerviel est un génie, soit son employeur accuse de graves dysfonctionnements. En moins de 24 heures, blogs, forums et faux profils ont fleuri sur Internet, faisant du jeune trader une célébrité malgré lui.
Né le 11 janvier 1977 et originaire de Bretagne, il est entré en 2000 à la Société générale, où il gagnait quelque 100.000 euros par an, rien d'extraordinaire dans la profession. «Si c'est un génie, on ne l'avait pas repéré», résume le responsable du master finance de l'université Lyon-II, où il avait obtenu une mention «assez bien».