Fin du roaming dans l'Union européenne: Ce qui devient gratuit, ce qui reste payant

TÉLÉCOMS Attention, il reste encore quelques frais...

Nicolas Raffin

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Désormais, vous pourrez spammer vos amis restés en France avec vos photos de vacances à l'étranger.

Désormais, vous pourrez spammer vos amis restés en France avec vos photos de vacances à l'étranger. — Shizuo Kambayashi/AP/SIPA

Les vacances d’été s’annoncent, et vous avez décidé de partir en Grèce. Après avoir atterri à Athènes, vous rallumez votre portable et vous consultez vos mails via la 4G, avant de rechercher une adresse pour aller dîner.

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Auparavant, ces utilisations de votre smartphone auraient pu faire exploser votre facture au retour. Mais depuis ce jeudi, ce petit problème est (normalement) derrière vous. L’Union européenne vient de mettre en place la fin des frais d’itinérance - ou « roaming » - qui donnaient des sueurs froides aux vacanciers à l’étranger.

Désormais, « la règle générale c’est qu’on peut utiliser son forfait à l’étranger [dans l’UE] dans les mêmes conditions qu’en France » explique Antoine Autier, responsable adjoint du service des études à l’UFC-Que Choisir. Mais évidemment, il reste toujours des exceptions, et 20 Minutes est là pour vous éviter une mauvaise surprise.

Ce qui devient gratuit

Si vous possédez un forfait appel et SMS illimités en France, c’est la bonne nouvelle : vous n’aurez plus aucun surcoût à payer pour ces utilisations de votre mobile en Allemagne, en Espagne ou dans n’importe quel Etat membre. Selon la Commission européenne, les Français épargneront en moyenne 100 euros par an grâce à cette nouvelle réglementation.

Cette simplification aura pris huit ans au total. Pourquoi une durée de négociation si longue ? Plusieurs connaisseurs du dossier expliquent que les tractations avec les opérateurs de téléphonie ont été serrées : en 2012, les frais de roaming représentaient en effet une manne financière de 4,7 milliards d’euros, qui s’est peu à peu réduite.

Ce qui reste payant

Attention, il existe des limites à cette fin du roaming. L’une est évidente : un forfait limité (appel, voix, internet mobile) en France restera limité à l’étranger. En cas de dépassement, l’opérateur sera en droit de facturer une prestation supplémentaire. « Le hors forfait à l’étranger est plafonné dans l’UE » précise néanmoins Antoine Autier.

Les données mobiles. Cette limite est moins connue : si vous possédez un forfait Internet « illimité » en France, vous ne pourrez pas forcément consommer autant de Gigaoctets (Go) que vous voulez une fois la frontière franchie. La consommation (gratuite) de données mobiles pourra dépendre du prix de votre forfait.

Par exemple, un forfait illimité à 42 euros par mois vous permettra de consommer environ 9 Go mensuels d’internet à l’étranger. En revanche, si vous avez une offre « low-cost », avec un forfait illimité à 19 euros par mois, vous ne pourrez consommer « que » 6,5 Go environ.

Ces seuils de consommation sont un plancher : « Les opérateurs ne peuvent pas proposer moins de Go, mais ils ont le droit d’autoriser des consommations supérieures », note Antoine Autier. Soyez donc vigilants sur les conditions de votre abonnement.

Les appels internationaux. Si vous appelez un numéro italien, belge, ou anglais depuis la France, des frais pourront toujours être facturés. Les eurodéputés comptent bien se saisir du problème. « A terme, on voudrait que tous les coûts internationaux au sein de l’UE disparaissent, affirme Emmanuel Foulon, porte-parole des socialistes belges au Parlement européen. Mais il fallait bien qu’on commence par quelque part, et la fin du roaming c’est un signal fort qui ouvre d’autres portes. »

Les utilisations « abusives ». Si un Français réside plus de 4 mois consécutifs dans un autre pays de l’UE tout en utilisant son forfait français, son opérateur pourra lui facturer des frais supplémentaires. Les étudiants Erasmus et les Français résidant à l’étranger devront donc continuer à prendre un abonnement local. En revanche, les travailleurs frontaliers ne seront pas pénalisés.

Les faux « pays amis ». Attention si vous partez en Suisse, en Andorre, ou encore au Monténégro. Ces pays ne sont pas membres de l’UE et ne sont donc pas soumis à la fin du roaming. Chaque opérateur y est donc libre de pratiquer les tarifs qu’il souhaite, même si la concurrence pousse plutôt les prix vers le bas. En revanche, le Royaume-Uni, malgré la procédure du Brexit, est encore dans l’UE et bénéficie (pour l’instant) de la disparition des frais d’itinérance.