Face aux scandales, le patron d'Uber pourrait prendre un congé, le numéro 2 s'en va

ENTREPRISE Une réunion de crise a eu lieu dimanche pour changer le cap face aux polémiques...

Philippe Berry

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Le patron d'Uber, Travis Kalanick, en 2016.

Le patron d'Uber, Travis Kalanick, en 2016. — MONEY SHARMA / AFP

Uber à la croisée des chemins. Face aux polémiques à répétition, notamment sur une culture d’entreprise toxique qui a conduit au départ de plusieurs cadres et au licenciement de 20 salariés, la start-up la plus chère du monde veut repartir du bon pied. Lundi, le vice-président controversé en charge du business, Emil Michael, a annoncé qu’il quittait l’entreprise dans un email envoyé aux employés publié par le New York Times. Et selon le quotidien américain, le patron-fondateur d’Uber, Travis Kalanick, pourrait prendre un congé sabbatique de trois mois. La décision finale est attendue d’ici mardi.

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Une réunion de crise a eu lieu dimanche

Le grand ménage continue donc, alors qu’une réunion de crise a eu lieu dimanche. L’ancien ministre de la Justice d’Obama, Eric Holder, a présenté au Conseil d’administration ses recommandations après avoir mené une enquête sur les dysfonctionnements internes.

En 2014, alors que plusieurs blogs technologiques dénonçaient la culture interne sexiste d’Uber, Emil Michael avait notamment suggéré de fouiller dans la vie privée des journalistes à la recherche d’éléments compromettants afin de faire taire leurs critiques contre le groupe. Michael faisait également partie d’un petit groupe d’employés qui s’est rendu dans un bar à escorts, en Corée du Sud, la même année.

Des scandales à répétition

C’est en 2017 que la situation est devenue intenable pour une entreprise valorisée à 70 milliards de dollars, avec les accusations de harcèlement sexuel d’une ancienne salariée. L’affaire a conduit l’entreprise à diligenter une enquête confiée au cabinet d’avocats d’Eric Holder.

Au printemps dernier, le New York Times révélait encore l’existence d’un ancien programme secret baptisé « Greyball » qui a permis à Uber d’échapper aux autorités dans les villes où il opérait sans permis. La semaine dernière on apprenait enfin qu’en 2014, un responsable d’Uber, renvoyé depuis, avait récupéré le dossier médical d’une femme violée par un chauffeur à New Delhi, avant de le confier au PDG du groupe Travis Kalanick, dans le but de discréditer son témoignage, selon plusieurs médias américains.

Pour le moment, un départ définitif de Kalanick ne serait toutefois pas sur la table. Neuf personnes disposent d’un droit de vote au Conseil d’administration, dont deux proches du patron-fondateur, mais on ignore l’exact équilibre des forces. Selon Reuters, c’est Kalanick lui-même qui aurait suggéré un congé de trois mois pour raisons personnelles, suite au décès récent de sa mère dans un accident de bateau dans lequel son père a également été blessé.