Faut-il s'inquiéter pour la Société générale?

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Publié le 24 janvier 2008.

ECONOMIE - Après l'annonce d'une perte de 7 milliards d'euros...

La Société générale va-t-elle connaître le funeste destin de la Barings, cette banque britannique ruinée par son coutier Nick Leeson en 1995? «Ça n’a rien à voir», a répondu son PDG Daniel Bouton lors d’une conférence de presse ce jeudi.

L’annonce d’une perte de 7 milliards d’euros en pleine crise boursière n’a pourtant pas de quoi rassurer actionnaires et clients de la banque. D’après nos informations, les salariés ne sont pas plus sereins. «Tout le monde est flippé, tous les gens qui ont acheté des actions sont horrifiés.» Sur Facebook, un groupe a déjà vu le jour, intitulé «Je suis client de la Société Générale et je flippe pour mon compte».

Pas d’inquiétudes à avoir pour les clients

«Les clients lambda n’ont pas à s’inquiéter», rassure pourtant Laurent Deville, professeur d’économie à l’université Paris-X Dauphine. Même avec cette lourde perte, la Société générale reste en effet bénéficiaire de 600 à 800 millions d’euros pour 2007. «Cette fraude l’oblige à renoncer à des bénéfices d’ordinaire beaucoup plus importants, c’est embêtant, mais ça ne va pas la conduire à la faillite», souligne Laurent Deville.

Selon lui, les détenteurs d’actions seront davantage concernés par ce gros manque à gagner, qui peut engendrer une perte de confiance sur les marchés boursiers. L’action avait déjà perdu 5% à la mi-journée. Les actionnaires vont par ailleurs être exposés à une dilution du capital, qui va être augmenté de 5,5 milliards d’euros pour pallier les pertes massives. Même s’ils sont prioritaires pour souscrire à de nouvelles actions, le climat actuel ne les incitera peut-être pas à le faire.

Une OPA à prévoir?

Cet appel à de nouveaux investisseurs relance en tout cas les spéculations sur un éventuel rachat de la banque française par l'une de ses concurrentes, ou une fusion. En cas de poursuite de la chute de sa capitalisation boursière, la Société Générale pourra faire l'objet d'une reprise par l'un de ses concurrents», pariait la maison de courtage française Aurel.

Daniel Bouton, interrogé sur une possible OPA, a réitéré ce jeudi sa volonté de défendre l'indépendance du groupe, qu'il avait maintenue en 1999 contre la BNP au moment de sa fusion avec Paribas.
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