Fraude à la Société générale: que s’est-il vraiment passé?

37 contributions
Publié le 24 janvier 2008.

BANQUE - Un courtier a fait perdre 4,9 milliards d’euros...

Comment un courtier peut-il faire perdre 4,9 milliards d’euros à une banque? La question était sur toutes les lèvres ce jeudi, après l’annonce d’une fraude gigantesque à la Société générale. S’il ne s’agit pas d’une première dans le monde du courtage (lire notre article sur les précédentes affaires), le montant des pertes atteint un record.

D’après les déclarations du PDG du groupe, Daniel Bouton, le fraudeur en question, «âgé d’une trentaine d’années», est entré à la banque de financement de la Société générale, en 2000. Il a d’abord travaillé au back-office, chargé du contrôle des opérations sur les marchés boursiers, avant de rejoindre le «front-office» en 2005. «Il s’agissait d’un opérateur de base dans une salle de marché», a précisé Daniel Bouton, sans indiquer son nom.

Risques très élevés

Un opérateur de base qui s’est révélé très «intelligent» et a largement outrepassé ses fonctions. Chargé de gérer des produits dérivés plutôt simples, il a pris des risques très élevés par rapport à ce qui est traditionnellement autorisé à la Société générale. Comprendre: «Il travaillait a priori sur des contrats suspendus, explique un spécialiste. Ceux-ci permettent d’acheter à un prix fixe des indices boursiers dont le cours évolue au fil des mois. Si le cours augmente, l’acheteur est gagnant, s’il baisse, il est perdant. Mais ils ne sont pas fait pour spéculer.»

Tout au long de l’année 2007, le trader de la Société générale aurait ainsi misé beaucoup plus gros que d’ordinaire, tout en dissimulant ses opérations. Selon Daniel Bouton, il aurait profité de «sa connaissance approfondie des procédures de contrôle», acquise lors de ses précédentes fonctions au sein du back-office du groupe, pour «dissimuler ses positions grâce à un montage élaboré de transactions fictives». Le courtier avait «l'extraordinaire talent de les déplacer au fur à mesure des contrôles, dont il connaissait le calendrier», a précisé le PDG. Il a toutefois fini par être démasqué, en fin de semaine dernière.  

Toucher une grosse prime

Dans quel intérêt a-t-il fait cela? Ce sera à l’enquête menée par la Banque de France mais aussi par la justice - deux plaintes ont été déposées - d’y répondre. Selon les dirigeants du groupe, cet homme «a agi seul». «Ses motivations sont totalement incompréhensibles», ont-ils affirmé. «Cela semble absurde puisqu’il ne peut pas détourner un argent qui tombe dans les comptes de la banque», confirme le spécialiste.

«Il espérait peut-être réaliser un très beau coup et toucher une grosse prime, la direction se montrant alors beaucoup plus indulgente avec lui.» C’était sans compter la crise qui a affecté les marchés boursiers ces derniers jours. «Nous avons réussi à liquider ces positions [contrats pris par le courtier, ndlr] en trois jours, mais nous avons eu la malchance de le faire au pire moment», a reconnu Daniel Bouton.
Catherine Fournier
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr