REACTIONS – Le rapport, dont les grandes lignes sont connues depuis vendredi, a reçu depuis un accueil mitigé…
Le
rapport Attali n’est pas encore dans les mains de Nicolas Sarkozy qu’il fait déjà grand bruit.
Dévoilé vendredi dans la presse, le texte, dont l’objectif est de «libérer la croissance», a reçu un accueil mitigé.
Critiques sur la gauche
Le rapport Attali? «Un catalogue à la Prévert» a estimé mercredi, a porte-parole du groupe PS à l'Assemblée nationale, Aurélie Filipetti. «Il y a plus de 300 mesures, ça va dans tous les sens, il n'y a pas vraiment de cohérence (...) on ne voit pas une ligne politique», a-t-elle déclaré sur Canal+. «Sur les 320 mesures, il y en a bien quelques-unes qui sont bonnes», mais «ce qui manque, c'est une cohérence et ce qui manque aussi, ce sont les marges budgétaires», a-t-elle poursuivi.
Selon la députée de Moselle, «tous les chiffres sur lesquels repose le budget pour 2008 sont faux: la croissance à 2,25, elle sera à 1,8; l'inflation à 1,6, elle sera plutôt à 3; le déficit du commerce extérieur est de 40 milliards».
Mardi, c'est François Hollande qui a affirmé qu'il y avait «beaucoup de mesures extrêmement préoccupantes» dans le rapport. Reconnaissant des pistes consensuelles, comme «la priorité donnée aux investissements pour la connaissance, la formation et un meilleur enseignement universitaire» pour lesquelles «il peut y avoir un rassemblement des collectivités locales et de l'Etat», le secrétaire national du PS a critiqué «la hausse de 1,6 point de la TVA.»
«Va-t-on laisser proliférer les centres commerciaux dans n'importe quelles conditions?», a-t-il encore demandé, ajoutant à propos des professions: «comme s'il suffisait d'augmenter le nombre de taxis, de pharmaciens, de notaires, pour que d'un seul coup la croissance reparte».
Interrogations sur le logement social
De son côté, l'Union sociale pour l'habitat (USH, fédération des organismes HLM) s'est dite «inquiète» face aux propositions pour le logement social qu'elle a qualifiées «d'agrégats d'idées disparates». Le rapport préconise par exemple «la possibilité de libérer les loyers HLM d'une part, les alignant sur le parc privé, alors que, d'autre part, il fait obligation aux organismes de signer des contrats avec objectifs très ambitieux de construction de logement social», a-t-elle critiqué.
Autre contradiction : le rôle des aides au logement. Dans un premier temps, le rapport propose de «supprimer les aides à la pierre» indispensables pour la construction de logements et de «les remplacer par l'APL», les Aides pour le logement. Plus loin, il suggère de «réserver l'APL à l'accession à la propriété» ou de «faire des économies sur l'APL pour financer» les villes nouvelles écologiques (Ecopolis) que la commission voudrait voir construire en France. Enfin, l'USH s'étonne que le rapport propose d'utiliser «les fonds propres des organismes HLM pour financer» les Ecopolis.
Insee et députés UMP inquiets
Cinq syndicats de l'Insee se sont également inquiétés d'une proposition visant à transformer l'Institut, qui dépend du ministère de l'Economie, en une «agence», jugeant que cela «menace toute la statistique publique».
Les syndicats CGT, CFDT, FO, Sud et CGC de l'Insee rappellent dans un communiqué que «c'est le statut professionnel des statisticiens publics, leur formation, leur éthique, leur crédibilité professionnelle, qui ont permis de résister aux pressions régulières des gouvernants et des pouvoirs économiques».
Et
la critique gagne aussi les rangs de la majorité. Nicolas Sarkozy avait assuré, en installant la commission Attali: «Ce que vous proposerez, nous le ferons». Une phrase qui n’a pas plu aux députés UMP, qui refusent de se faire imposer les 314 propositions du rapport et exigent d'être partie prenante du futur débat législatif.
DEBAT - Vous souhaitez réagir?
Le débat sur le rapport Attali, c'est ici.
Sa. C. avec agence