FINANCES - Selon le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker...
«Une récession économique ne peut plus désormais être exclue aux Etats-Unis.» C'est ce qu'à estimé ce lundi soir à Bruxelles le président de l'Eurogroupe, forum des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker.
Un
vent de panique a en effet soufflé sur les marchés financiers dans la journée. Les Bourses d'Europe ont plongé, subissant pour les principales leur plus forte baisse en une séance depuis le 11 septembre 2001. Londres a cédé 5,48%, Francfort 7,16%, Paris 6,83%, Madrid 7,54%, Milan 5,17%, la Bourse suisse 5,26%, celle de Sao Paulo 6,6% et celle de Buenos Aires 6,27%.
Grande nervosité
«C'est vraiment le “sell-off”», mouvement brutal de vente, a souligné Ronald Petitjean, gérant de Sarasin Expertise. Les marchés américains étaient fermés, jour férié oblige (The «Martin Luther King Day»), ce qui aurait dû modérer les volumes dans le reste du monde. Mais le montant des transactions a été au contraire très élevé, signe d'une grande nervosité.
En cause,
selon plusieurs analystes, la déception suscitée par
le plan de relance annoncé vendredi dernier par George W. Bush, insuffisant pour certains ou
susceptible d’être rejeté par les démocrates pour les autres.
Pour le FMI, la crise est «sérieuse»
«Il y a une déception, puisque le plan ne s'adresse pas aux risques financiers. C'est un plan classique de relance par la consommation», a affirmé Jean-Louis Mourier, économiste pour la maison de courtage française Aurel. «Les Bourses n'ont pas apprécié, semble-t-il, le paquet proposé par le président Bush», a renchéri Dominique Strauss-Kahn.
Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) a semblé accréditer
la thèse d'une large propagation de la récession américaine en affirmant que la crise financière en cours était «sérieuse» et qu'elle pouvait affecter les pays émergents.
Pour Bruxelles aussi
A Bruxelles, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaire Joaquin Almunia a quant à lui noté que «les marchés (semblaient) envisager la possibilité d'un ralentissement plus prononcé» qu'attendu de la croissance aux Etats-Unis, «peut-être même une récession».
«J'espère qu'ils vont aussi prêter attention aux informations sur l'économie réelle, en particulier en Europe, et qu'ils vont retrouver leur calme», a-t-il ajouté, avant la réunion des ministres des Finances de la zone euro.
C. F. avec agence