INTERVIEW – Marc Touati, économiste et directeur général de Global Equities…
La crise que traversent les places boursières européennes n’est qu’un orage qui va passer, assure Marc Touati, directeur général de
Global Equities. Cet économiste estime cependant qu’elle aura un impact direct sur la croissance française ainsi que sur celle de la zone euro.
A son ouverture, lundi, le CAC 40 a connu une importante baisse. Cette chute préfigure-t-elle en France la même crise que celle traversée par les Etats-Unis?
Il ne faut pas paniquer. La situation est essentiellement financière, ce qui signifie qu’elle n’est pas «casse bulle». Nous sommes loin d’être en situation de récession: tous les moteurs de la reprise (taux directeurs abaissés, dollar faible, plan de relance) sont en place aux Etats-Unis et les marchés américains ont les atouts en main pour se reprendre. En revanche, l’impact de cette crise pèsera davantage sur les économies françaises et européennes, moins bien préparées.
C’est-à-dire?
Nous sommes dans une situation qui n’est pas sans rappeler celle dans laquelle nous nous trouvions après les attentats du 11 septembre 2001: les Etats-Unis avaient réussi à redémarrer leur économie rapidement tandis que la France et l’Europe ont peiné jusqu’en 2006, année de la relance effective. Principalement à cause de trois facteurs: des taux d’intérêts trop élevés, un euro fort et une absence de plan de relance à l’échelle européenne. Des données que nous retrouvons aujourd’hui.
Or, nous n’avons pas de véritable plan de relance. Les effets d’une décision de politique monétaire s’observent 6 à 9 mois plus tard et nous n’avons rien commencé… Cette crise va donc affecter la croissance pour l’année 2008. Dans le meilleur des cas, elle sera de 1,6% en moyenne en France et de 1,7% dans la zone euro. Mais il s’agit d’un krach temporaire, le CAC 40 va remonter, dès le mois de juin sans doute.
Vous ne conseillez donc pas aux petits porteurs de vendre leurs titres?
Le placement boursier est un placement sur le long terme, il repose sur de l’argent dont on n’a pas besoin dans l’immédiat. Je conseille donc de ne pas vendre. Excepté en cas de besoin urgent d’argent, mais c’est dommage car cette vente sera synonyme de pertes.
Propos recueillis par Sandrine Cochard