INTERVIEW - Nicolas Bouzou, directeur de l’institut économique Asteres...
Nicolas Bouzou, directeur de l’institut d’analyse économique
Asteres, explique pour 20minutes.fr les raisons de
la dégringolade des bourses mondiales ce lundi...
Les bourses européennes et asiatiques chutent dangereusement depuis ce matin. Faut-il craindre un krach boursier?
En réalité, il a déjà commencé depuis un certain temps. Si les bourses dévissent un peu plus que d’habitude aujourd’hui, c’est lié au jour férié aux Etats-Unis (The «Martin Luther King Day»). Mais on ne peut pas parler de krach boursier mondial à partir du moment où la bourse américaine est fermée. En France, toutefois, on assiste bel et bien à un mini-krach avec la baisse du CAC 40 de 6 ou 7%.
Les analystes attribuent aussi cette dégringolade à la déception que le plan Bush a suscitée...
Ce n’est pas tant le plan Bush qui inquiète les investisseurs que le fait qu’il risque de ne pas passer. Sa proposition de débloquer 1% du PIB via des baisses fiscales envers les ménages et les entreprises est plutôt intéressante, voire indispensable. Mais les démocrates, majoritaires au Congrès, feront sans doute blocage car
ils jugent ce plan insuffisant pour les personnes les plus modestes. Il y a bien sûr un peu de posture politique en ces temps de campagne électorale. Autant d’éléments qui créent de l’incertitude sur les marchés.
Combien de temps cette situation peut-elle durer?
C’est très difficile à dire. Les banques elles-mêmes ne savent pas combien de temps va se répercuter la crise des «subprimes» (prêts à taux variables), qui a commencé à peser sur les marchés financiers à l’été dernier. Une chose est sûre, même si les cours continuent à baisser pendant trois mois, il ne faut pas céder à la panique. Les petits porteurs doivent arrêter d’aller suivre le cours de leurs actions sur les sites de bourse, et attendre que l’orage passe. Car c’est justement en vendant précipitamment leurs actions qu’ils tirent le marché vers le bas.
Propos recueillis par Catherine Fournier