Nokia ferme une usine, le ministre rend son portable

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Publié le 19 janvier 2008.

MONDIALISATION - Tollé en Allemagne après la décision du constructeur finlandais de délocaliser son usine de Bochum en Roumanie...

Le scénario est connu. Une usine implantée dans un riche pays européen qui délocalise sa production dans un pays européen moins riche où le coût du travail est moindre. Comme souvent, la délocalisation ne passe pas et prend un tour politique. Depuis que le premier fabricant de téléphone Nokia a décidé mardi de fermer son usine de Bochum — et les 2.000 emplois qui vont avec — pour la délocaliser en Roumanie, les principaux responsables politiques allemand montent au créneau.

Le ministre allemand des Finances Peer Steinbrück a déclaré que la décision de Nokia était un exemple de «capitalisme de caravane qui sape systématiquement les fondements de ce système économique et social». «Les gens perdent confiance et c'est extrêmement dangereux».

réparations
Certains hommes politiques allemands ont jugé que Nokia devait rembourser les subventions reçues sur place. Selon le ministre des finances, les autorités de Rhénanie-du-Nord-Westphalie pourraient éventuellement être en droit de demander des réparations liées au fait de savoir si Nokia avait bien rempli les conditions liées aux subventions.

Par la suite, un porte-parole du gouvernement allemand a dit que des discussions s'imposaient avec Nokia. Peer Steinbrück a jugé de son côté peu probable que le groupe finlandais revienne sur sa décision de fermer le site : «Je pense que nous ne devons pas susciter de faux espoirs mais je peux comprendre le scandale», a-t-il expliqué.

Le ministre de l’Agriculture a lui décidé tout simplement de changer de marque de portable parce qu’il «n’aime la façon de faire» de Nokia.

Vainqueur
Des économistes allemands se sont dits surpris de cette colère, explique le «Financial Times». Parlant de «nécessaire mais douloureux processus d’adaptation», Christoph Schmidt, à la tête de l’institut de réflexion RWI, rappelle que les Allemands ont tendance à oublier que leur pays est actuellement le grand gagnant à la fois de la mondialisation et de l’élargissement de l’Europe».
Le coût de la main d'œuvre est de 32 euros en Allemagne environ par heure. En Roumanie, moins de 2,5 euros.
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