Concentré de tomates: Les secrets peu ragoûtants d'un business mondialisé

MONDE Une enquête dénonce la transformation par les industriels de tomates en concentré dans un secteur d'activité mafieux et violent...

20 Minutes avec agence

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Des tomates vendues le 9 mai 2014 en un supermarché à Paris

Des tomates vendues le 9 mai 2014 en un supermarché à Paris — Joel Saget AFP

Mensonge sur la provenance et la qualité des produits, exploitation de travailleurs, organisation mafieuse, violence… Le business du concentré de tomates industriel, pas toujours aussi « made in Italy » qu’on nous l’assure, dissimulerait des pratiques qui, mondialisation aidant, auraient des répercussions jusqu’en Chine.

Un grand nombre des fruits utilisés pour fabriquer la sauce dans des usines italiennes proviendrait en effet de ce pays, et plus précisément de la province du Xinjiang, mais aussi d’Espagne ou des Etats-Unis.

Une enquête de deux ans

C’est ce que révèle L’Empire de l’Or Rouge, un livre des Editions Fayard sorti ce mercredi et dans lequel Jean-Baptiste Malet dévoile les détails de l’enquête qu’il a menée pendant deux ans sur le sujet.

Le journaliste révèle notamment que des migrants venus de Roumanie, de Bulgarie ou d’Afrique ou même des enfants constituent une part non-négligeable de la main-d’œuvre, parfois illégale et maltraitée, mise à contribution dans ce secteur.

Chiffre d’affaires : 15,4 milliards d’euros

L’activité ayant généré en 2014 un chiffre d’affaires de 15,4 milliards d’euros, « il n’a jamais été aussi facile pour les entreprises criminelles de faire fructifier des capitaux sales », accuse l’auteur de l’ouvrage. Avec, à la clé, la violence et la corruption que suppose un système mafieux, note BFM TV.

Quant à la reine de ce système, la tomate elle-même, elle réserve également des surprises. Les fruits cultivés en Chine et utilisés par les géants de l’industrie mondiale de la transformation de la tomate seraient génétiquement modifiés pour présenter des caractéristiques précises, pratiques et économiques.

Une tomate dont la peau « croustille »

« La tomate destinée à être transformée en concentré (est) lourde, dense, très dure, car elle a été génétiquement fabriquée pour pouvoir être transportée par bennes sans s’abîmer. Quand on la croque, c’est très surprenant : sa peau croustille ! », écrit Jean-Baptiste Malet.

Comme l’indique L’Obs, la tomate créée par Heinz présente également un pédoncule fragilisé pour faciliter la cueillette et un taux de matière sèche de 30 %, contre 3 à 5 % pour les fruits naturels, pour un meilleur rendement.

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