Mardi noir sur les marchés mondiaux

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Publié le 15 janvier 2008.

FINANCES - Les Bourses s'effondrent après une série de mauvaises nouvelles…

Coup dur pour les bourses mondiales. Le CAC 40 a reculé mardi de 2,83% pour retomber à son plus bas niveau depuis le mois d'août quand la Bourse de Londres a plongé de 3,06% et celle de Francfort de 2,14%. Madrid a cédé 3,37%, Milan 2,30%, Amsterdam 2,93%, la Bourse suisse 2,68%, Stockholm 3,56% et Varsovie 4,33%.

Vers 17h (18h heure française), la Bourse de New York reculait nettement aussi, le Dow Jones abandonnant 1,71% et le Nasdaq 2,03%. Plus tôt dans la journée, la Bourse de Hong Kong avait terminé en chute de 2,38%.

De mauvais chiffres

«Les raisons, c'est un mélange de chiffres macro-économiques épouvantables, des nouvelles de sociétés très négatives et des retraits brutaux du marché. Je vois presque des réactions de panique. De toute façon les fondamentaux sont oubliés depuis longtemps», a expliqué un vendeur d'actions parisien.

Parmi les statistiques économiques publiées mardi, les investisseurs se sont inquiétés d'une avancée de 0,4% en novembre des stocks des entreprises aux Etats-Unis par rapport à octobre, et du recul de 0,9% des ventes des chaînes de magasins aux Etats-Unis lors de la semaine du 7 au 12 janvier. Cela témoigne d'un ralentissement de la demande aux Etats-Unis, la première économie mondiale.

Les Etats-Unis entrés en récession?

La déprime a également été alimentée par un entretien de l'ancien président de la Réserve Fédérale (Fed) Alan Greenspan au «Wall Street Journal», affirmant que les Etats-Unis étaient déjà entrés en récession. «Clairement, les symptômes sont là. Les récessions n'arrivent pas doucement. Elles se signalent généralement par une discontinuité sur le marché, et il est tout à fait possible de décrire ainsi les chiffres des dernières semaines», a déclaré celui dont la voix reste très écoutée sur les marchés financiers, après 18 ans à la tête de la Fed.

Une avalanche de mauvaises nouvelles

De nombreux économistes reprochent à la Fed de ne pas avoir encadré la croissance du crédit hypothécaire à risque («subprime»), à l'origine de la crise financière après le retournement du marché immobilier aux Etats-Unis. Mardi, le secteur bancaire a lancé de nouveaux signaux d'alerte.

La première banque mondiale, l'américaine Citigroup, a annoncé mardi une perte trimestrielle abyssale de près de 10 milliards de dollars, liées à des dépréciations d'actifs de 18,1 milliards.

La banque a tâché de rassurer les investisseurs sur la poursuite de ses activités en réussissant à lever 14,5 milliards d'argent frais, auprès d'investisseurs essentiellement asiatiques.

La banque immobilière allemande Hypo Real Estate a vu son bénéfice imposable fondre en 2007 à 890 millions d'euros, contre 1,2 milliard d'euros un an plus tôt.

Enfin l'américaine Merrill Lynch a indiqué avoir levé 6,6 milliards de dollars par placement privé d'actions nouvelles, portant à 12,8 milliards de dollars sa recapitalisation face aux pertes engendrées par le «subprime».
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