EMI promet de devenir «une entreprise emblématique»

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Publié le 15 janvier 2008.

MUSIQUE - Le plan annoncé mardi ne surprend pas la maison de disques...

Chez EMI, les plans se suivent: celui annoncé mardi est le quatrième en cinq ans. S'il ne surprend pas, on note juste qu'il est un peu plus radical que les précédents. Les raisons de la crise, qui touche essentiellement la division «Records» sont connues.

«Nous avons passé beaucoup de temps à étudier dans le détail EMI et les problèmes auxquels est confrontée sa division de musique enregistrée, laquelle, comme le reste de l'industrie musicale, peine à répondre aux défis du numérique», a déclaré Guy Hands, le patron de Terra Firma, qui détient la Major depuis mai.

Il y a cinq ans, note à titre d'exemple un cadre d'EMI, quand on voulait un disque de Robbie Williams, on l'achetait. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. «Le marché physique s'est effondré de 50% en cinq ans, estime-t-il et le marché digital ne compense que 5 à 10% de cette baisse». Pire, ce marché s'essouffle. Dans le même temps, la major a investi dans le numérique, formant aux métiers de demain.

Du coup, EMI, comme les autres maisons de disques, attend beaucoup des résultats de la commission Olivennes (du nom du président de la Fnac qui l'a présidée), chargée de résoudre la question du piratage en France en augmentant les pressions sur les téléchargements illégaux.

Si ce cadre interrogé par 20minutes.fr pointe des insuffisances dans les projets du sortis des réunions menées par le patron de la Fnac, il se dit que si un pourcentage — même infime — des téléchargements illégaux se transformait en achat légal, «on pourrait redévelopper».

Conscient qu'il est facile d'expliquer les difficultés de l'ensemble de l'industrie sur les seules épaules des consommateurs, ce cadre qui préfère rester anonyme amorce son autocritique: les maisons de disques, à commencer par EMI, ont laissé tomber le support. D'abord en fermant une à une les usines, ensuite en oubliant d'inventer le MP3, Youtube, etc… Ce cadre qui préfère l'anonymat accuse aussi les dirigeants qui ont eu les yeux rivés sur l'action de la société.

Diagnostic établi, les remèdes annoncés aujourd'hui vont permettre à EMI, «cette entreprise emblématique, de créer de la musique formidable de manière rentable et durable», a assuré Hands.

Dans le Financial Times, le manager de Coldplay Dave Holmes a pour sa part indiqué mardi qu'il gardait un esprit ouvert, mais ne conseillerait pas à un de ses jeunes artistes de signer dans une entreprise qui va connaître «trop de changements». Pour EMI, l'avenir a un sacré goût de défi.
Robbie contre EMI
Avant même sa présentation officielle, ce plan de restructuration a suscité de nombreuses critiques, y compris de la part d'artistes, le chanteur Robbie Williams ayant même menacé de ne pas publier son prochain album attendu chez EMI. Les artistes redoutent qu'EMI consacre moins d'argent, de personnel et de temps à promouvoir leurs créations.
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